Amassakoul : Le voyageur du désert. Un voyageur à l’histoire aussi intense que violente. Le groupe Tinariwen s’est forgé un son blues unique au cœur d’un foyer constitué de sa culture touareg et de sa frustration d’apatride. Exil, révolution, au gré de leur parcours entre les camps libyens et les dunes d’Algérie et du Mali, ces Kel Tamasheqs ont troqué les kalachnikovs pour des guitares électriques. Instrument directement branché dans un vieux haut-parleur, un djembé et leurs voix résonnent alors sur les étendus désertiques de cette époque troublée.
Avec Amassakoul, Tinariwen affine sa production, plus efficace, plus précise. Le groupe semble avoir trouvé la bonne alchimie. L’expérience accumulée sur les scènes des festivals mondiaux a changé leur horizon. Ce deuxième album très attendu, prouve que leurs chansons, pour la plupart écrite depuis des années, sonnent avec force et actualité. Revisitant une tradition sans âge, le rap se mêle à la nostalgie et à un rock plus politique. Les mélodies hypnotiques des guitares africaines alliées aux irrésistibles rythmes syncopés, subliment les chants arabes de ces nomades du Maghreb. Hommage aux anciens combattants, au voyage, aux difficultés et à la splendeur du désert, ce disque est un trésor qui recèle les pièces majeures d’une culture flamboyante.