Sakifo Musik Festival. Journée du 7 août 2008
Deuxième journée du Sakifo Musik Festival à Saint-Pierre. Les festivaliers apprécient le coucher du soleil et le saut d'une baleine de passage à quelques centaines de mètres du rivage. L'océan indien livre ses merveilles jour après jour.
La jeunesse de L'île de la Réunion s'est donnée massivement rendez-vous pour assister au concert du roi du Blufunk, Keziah Jones. 30 minutes avant le début du concert, il est déjà difficile de se frayer un passage vers le devant de la scène. Lorsque l'artiste se montre enfin, il est accueilli sous une pluie d'applaudissements et de cris. Cette estime que lui témoigne son jeune public est-elle méritée ? La réponse est « oui ! ». Dès le premier accord de A curious Kinda Subconscious , titre extrait de son premier album paru il y a 15 ans, chacun a le sentiment d'être devant un guitariste au style unique et saisissant. S'il a glissé quelques titres de son prochain disque, Nigerian Wood (à paraître en septembre), Keziah Jones aura fait plaisir à son public en jouant ses plus grands succès et en nous offrant une belle interprétation de « War » de Bob Marley. Quelques minutes après, c'est un autre artistes en provenance du Nigéria qui monte sur scène, Seun Kuti et Egypt 80. Encore une fois le public entre en transe pendant près de deux heures de concert.
A quelques pas de là, Gramoun Sello, légende vivante du maloya, monte calmement les marches qui mènent à la scène de la Poudrière. Avec une distinction et une élégance naturelles, il s'avance et salue calmement son public. La musique démarre et c'est tout simplement une explosion. Danseurs, chanteurs et musiciens - tous des pointures - accompagnent le maître avec toute l'énergie de leur jeunesse pour livrer un grand moment de pure tradition musicale réunionnaise. Si beaucoup d'artistes craignent de voir un jour disparaître cette forme de maloya - autorisée officiellement seulement depuis le milieu des années 70 – ils peuvent commencer à se rassurer. Stéphane, 28 ans, danseur et chanteur accompagnant Gramoun Sello déclare fièrement : « Avec Gramoun, nous faisons du vrai maloya, du maloya roots ! ».
Jean-Sébastien Josset/ Mondomix |