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Rencontre avec Omou Sangare
Attentive, souriante, prompte à s’esclaffer ou à réfléchir à son parcours, Oumou Sangaré n’a rien d’une diva inaccessible. La chanteuse la plus populaire du Mali évoque son nouvel album, Seya, le succès international de ses compatriotes et les raisons qui, un jour, la poussèrent à chanter.
Racontez-nous la genèse de ce nouvel album, que vous avez coproduit avec Cheick Tidiane Seck.
Je l’ai commencé il y a trois ans. Ca m’a pris du temps en raison de mes autres activités (Oumou est notamment propriétaire d'un hôtel et d'une concession automobile à Bamako – NDLR). L’enregistrement en lui-même n’a pas été si long, il s'est fait dans plusieurs studios de Bamako, dont celui de Salif Keita. Pour composer, je commence par écrire les paroles, puis j'invite mon joueur de n'goni et on créé un rythme ensemble. Ensuite, je fais venir le groupe. Cette fois, j'ai fait appel à Cheick Tidiane Seck, qui a joué un peu et fait les arrangements sur certains morceaux. Officiellement, c’est notre première collaboration, mais on se connaît de longue date. Quand j'étais petite, dès qu’il me voyait, il me demandait de venir chanter et me disait : « toi, tu as une belle voix, tu peux chanter ! » (rires). Enfant, j'allais voir ses spectacles avec mes frères et sœurs. A l'époque, les stars c’étaient lui, Salif, le Rail Band. Ils le sont restés à mes yeux.
Vos albums sont très attendus au Mali. S’agit-il d’une pression positive ou négative ?
Positive. Les gens m'écrivent, m’arrêtent dans la rue pour me demander un nouvel album. Et c'est ça qui me pousse. Sinon je peux attendre longtemps tellement j'ai de choses à faire ! (rires)
Vos activités économiques n’empiètent pas trop sur la musique ?
La musique reste toujours au centre de mes préoccupations. Je tourne sans arrêt, en Afrique, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Australie, je n’arrête pas !! J’ai joué à Boston le 20 décembre dernier, j’étais invitée avec mon groupe à l’université de Harvard (à l'occasion du soixantenaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme – NDLR). C’était un honneur et ça s’est très bien passé. Je n’y ai pas trouvé mon public habituel, les gens étaient cravatés, sérieux, mais à la fin j'ai réussi à les faire danser !
Avec le recul, quel regard portez-vous sur le succès de votre premier album Moussolou, en 1990, et la popularité qui a suivi ?
Je crois que ce qui a plu aux gens, c'était le franc-parler du disque. J'ai dénoncé quelque chose, le mariage forcé, qu’il était très difficile d’accuser à l'époque. Personne n'osait en parler et quand je suis arrivée avec mon disque, c’était comme si j'avais lu dans les pensées des gens, car tout le monde était content que j'évoque le sujet. Je l'ai fait parce que ma mère a beaucoup souffert et comme j'étais la première fille, j'ai partagé sa souffrance. En quelques sortes, c'était un hommage à ma mère, mais toutes les femmes se sont retrouvées dedans.
Depuis, la situation a évolué au Mali. Pensez-vous que la musique a contribué à ce changement ?
La musique et la culture ont joué un rôle, mais la politique elle-même a évolué dans le bon sens. Le Mali est l’un des pays en Afrique où la démocratie a vraiment réussi. Les femmes y occupent une vraie place. Et la musique elle-même a évolué. Aujourd'hui, beaucoup d'artistes maliens tournent dans le monde entier. La musique malienne a toujours été de qualité et le monde la découvre aujourd'hui, grâce aux premiers artistes qui ont réussi à percer. Quand j'ai commencé, il n’y avait que Salif et Ali Farka qui tournaient à l'étranger, et puis des gens comme Rokia Traoré ou Habib Koité sont venus. Et ils sont tous différents, car le pays est très riche culturellement. Tout le Mali est très fier de ça, bien sûr.
La force des artistes maliens réside-t-elle dans l’équilibre qu'ils trouvent entre tradition et modernité ?
Il y a de ça. Les artistes maliens, même s'ils essaient d'ouvrir les portes, restent très attachés aux traditions. Quelqu'un qui connaît le Mali reconnaîtra tout de suite de quelle partie du pays vient une musique, quand bien même elle est modernisée. En ouvrant les portes, ils conservent la base. Quelque chose est là qui ne se détruit pas. C’est ça leur point fort.
Votre album accorde lui-même une certaine place à la modernité, avec la présence des guitares électriques par exemple.
Il y a une ouverture, en effet, mais même lorsqu’il y a une guitare électrique, autour on entend le n'goni, le karignan, le djembé. Et le rythme wassoulou est conservé, celui-là même qu’on peut entendre au fond de la brousse. Mais la présence de la batterie ou des guitares permet aux gens qui ne connaissent pas le wassoulou de s'y retrouver. J’ai essayé de penser à tous mes fans, mais sans dénaturer ma musique.
La musique vous a-t-elle été inculquée au sein de votre milieu familial ?
Du côté de ma mère, c’est une famille d'artistes. Ma grand-mère était une star de la musique wassoulou. Je ne l’ai pas connue, mais j’ai entendu ses enregistrements. Ma mère aussi a une belle voix, elle chantait dans les cérémonies, comme les mariages ou les baptêmes. J’ai donc un peu hérité ça de ma mère.
Et l’écriture, comment vous est-elle venue ?
C’est la souffrance qui m'a poussée à écrire. J'ai commencé à chanter vers cinq ans, et vers treize ans, j'allais chanter dans la rue pour ramener des sous. J’interprétais des chansons traditionnelles, mais la douleur m'a poussée à critiquer la situation des femmes que je ne trouvais pas normale. Quand ma mère s'est retrouvée toute seule avec nous, ses six enfants, sans revenus, sans emploi, c'était dur. Parfois, elle nous laissait pour aller au Sénégal ou d'autres pays voisins faire un peu de commerce. Et si la nourriture qu'elle nous avait laissée était épuisée, j’allais dans la rue pour chanter. Les gens me donnaient un peu de sous et je filais au marché faire les courses pour préparer à manger pour mes frères et sœurs. C'est comme ça que ma musique est réellement venue. Cette époque n'était pas facile mais on a réussi à la surmonter. Je ne le regrette pas car ça m'a rendue très forte, ça m’a donné une énergie. J'ai peut-être la musique dans le sang mais c'est le malheur qui m'a incitée à devenir artiste.
Oumou Sangaré (Autre)
Tél : (223) 228 7373
Résidence Wassulu
Route aéroport,Place Sogolon, Bamako FRA Le site web de Oumou Sangaré
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toss
12/12/2009 00:00
Sans comprendre un mot de ce que ma sœur (on est de la même année) Oumou chante, je suis tombée sous le charme de sa voix depuis 90. Pour moi c'est la meilleure des meilleures. Je t'adore ma sœur continue et que Dieu te protège! toss
12/12/2009 00:00
Pour moi sans comprendre un traitre mot de ce que ma soeur (on est de la même année) Oumou chante, je suis tombé sous le charme de sa voix depuis 1990 . Pour moi c'est la meilleure des meilleure, sje t'adore ma soeur, continnue et que Dieu te protège moustafgueye
16/04/2009 19:12
Très battante et digne dans ses actions. Un exemple à suivre. J'ai toujours les larmes aux yeux quand je regarde "Bi furu" sans trop y comprendre le sens de tous les mots. Bonne continuation
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