Tommy Jordan atterrit chez Bumcello

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Musique - Chronique

Ami fidèle de Cyril Atef et Vincent Ségal, le chanteur de Geggy Tah a remixé une session d'enregistrement du duo. Le résultat, "Al", est un album extra-terrestre où s’agrègent des échos du monde entier ...

Ça faisait déjà un bail que l’on n’avait plus de nouvelles des deux Bumcello, occupés chacun à aller voir ailleurs (Ballaké Sissoko, Marianne Faithfull et ainsi de suite pour Vincent Ségal ; Congopunq, Salif Keita pour Cyril Atef). Autant d’expériences qui leur ont permis de refaire le plein d’énergies renouvelées pour leur entité partagée. Les dernières nouvelles remontaient donc à 2008 et Lychee Queen, un ovni (à l’image de la pochette galactique) où les deux électrons libres conviaient, comme souvent dans leurs délires, des proches de leur galaxie : le chantre camerounais Mama Ohandja, le flûtiste Magic Malik, les amis américains Blackalicious et Tommy Jordan. Ce dernier est de nouveau invité, cette fois en pole position, de ce disque où l’on retrouve au casting d’autres complices de longue date, à commencer par l’ingénieux ingénieur Jean-Pierre Sluys. Cette présence, loin d’être anecdotique, témoigne de la fidélité des deux hommes à quelques principes basiques : une égale curiosité sans a priori, une soif de découvertes hors limites, un goût pour les ritournelles, un penchant pour les mélodies populaires, un éclectisme esthète pour ce qui est des rythmiques, un désir d’improvisations.

 
Bumcello en pleine improvisation à la Nuit Mondomix
 
Une ligne de conduite à laquelle cette entité duale (et un tantinet schizophrène) n’a jamais dérogé, et qui reste bien présente à l’heure de ce septième album. Leur autre trait caractéristique étant de constamment lâcher la bride pour laisser jaillir leur créativité, parfois à l’excès. Sauf que cette fois, Tommy Jordan, véritable troisième homme (et oreille), a taillé, en bon sculpteur de sons, dans cette matière improvisée pendant deux jours. Il en a ciselé une thématique où s’agrègent des échos du monde entier (un accent brésilien, un élan hindoustani, des gimmicks hip-hop…), remis en perspective à travers des boucles qui tissent un formidable canevas rythmique et mélodique sur lequel lui-même pose sa voix de soie. À la clef, quelques joyaux joliment polis, jamais banalement lissés, certifiés hors-norme dont le funky Je ne sais quoi quality (qui revisite entre les lignes leur classique Sararévé) et la folk samba soul de How To Ride, moment de suspension qui a tout du standard atemporel.
 
Jacques Denis

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