Photoquai : le Congo vu par Nyaba Ouedraogo

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Art et Création - Interview

Le long des quais de Paris, l'artiste autodidacte Nyaba Ouedraogo nous fait découvrir le légendaire fleuve Congo. Suite de nos rencontres avec les artistes de Photoquai édition 2013...

Photoquai : Le Burkina Faso de Nyaba Ouedraogo

Depuis 2007, la biennale Photoquai est l’occasion de nombreuses découvertesDans le cadre de la quatrième édition, nous sommes allés à la rencontre de certains des jeunes artistes qui y exposent. 

 

Le photographe autodidacte Nyaba Ouedraogo originaire du Burkina Faso dévoile sa série de photos The Phantoms of the Congo River. A 35 ans, il a voulu décrypter le célèbre roman de Jospeh Conrad, Au coeur des ténèbres, pour en faire un conte photographique. Il nous explique comment et pourquoi ...

 

 

Vous êtes un autodidacte. Qu’est-ce que vous apporte la photographique que les autres arts ne vous apportent pas ? Quelle est l’importance de l’art photographique au Burkina Faso ?

Nyaba : Oui, je suis effectivement un éternel autodidacte.  Ce qui m’intéresse dans la photographie, c’est de raconter des histoires, c’est une manière pour moi d’être le témoin de mon époque. En tant que burkinabé et photographe contemporain, je peux vous affirmer que la photographie au Burkina Faso en est encore au stade embryonnaire.

 

Vous avez photographié le Ghana, la Mauritanie, pourquoi le Congo aujourd’hui ?

Nyaba : Je suis allé réaliser la série The Phantoms of the Congo River au Congo Brazzaville pour une raison toute simple : j’ai été inspiré en lisant le livre de Joseph ConradAu cœur des ténèbres.

 

En choisissant un fleuve aussi légendaire que le Congo, et les conséquences catastrophiques de la pollution sur ce dernier et sur les gens, y a-t-il dans votre démarche la volonté de poser des questions ?

Nyaba : Dans cette déconstruction littéraire, j’ai voulu volontairement évoquer la tension, la violence, la liberté et la vie qui existent dans ce fleuve mythique et mystique à la fois.  Je veux montrer un Congo nouveau, un Congo contemporain.

 

Quel était votre rapport à ces personnes vivant dans des habitations de fortune le long du fleuve ?

Nyaba : Pour moi c’est une vision simple qui consiste à parler de ces hommes et du rapport qu’ils ont avec le fleuve. A travers mes images, je rends compte du passé et du présent. Je montre une vision documentariste et artistique et parfois même conceptuelle. J'ai voulu montrer un point de vue. 

 

 

Votre démarche est-elle donc similaire à celle de Conrad dans son roman Au cœur des ténèbres lorsqu’il tentait de lever « le brouillard », sorte de métaphore pour parler de lever le voile sur la vérité ?

Nyaba : Dans cette aventure photographique je me suis demandé comment, à partir d'un récit littéraire de Joseph Conrad, je pourrais construire une narration photographique sans tomber dans la caricature. Quand j’ai  commencé ce  projet il y a trois ans, en 2011, j'ai été convaincu que je pouvais montrer une vision subjective et naturaliste, faire des images surréalistes et en même temps sensibiliser les gens. Les images sont conçues comme les métaphores du dilemme de notre existence contemporaine. Je suis à la recherche de cet espace invisible dans lequel tout devient possible, un dialogue visuel entre séduction et inquiétude.

 

Propos recueillis par Annabelle Gasquez

 

A voir aussi sur le web : 

La page de Nyaba sur le site de Photoquai

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