BD : l'enfance en guerre

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Bande dessinée  - Actualité

Deux bandes dessinées, "Les lumières de Tyr" de Joseph Safieddine et Xavier Jimenez et "Une si jolie petite guerre" de Marcelino Truong, reviennent sur des enfances au coeur de conflits. Coup de chapeau à la deuxième ...  

BD : l'enfance en guerre

 

Si un enfant grandit en temps de guerre, la guerre grandit-elle en lui, comme un organe non désiré ? Cette question a autant de réponses qu’il y a de jeunes dans cette situation. Et ils adoptent autant de voix qu’il y a d’adultes pour raconter leur histoire ...
 
 
Dans Les lumières de Tyr, Joseph Safieddine, prolifique scénariste français originaire du Liban, décrit l’effarant quotidien d’une troupe de rêveurs dans ce pays embourbé dans le conflit. Costumés comme des super-héros nord-américains, ils s’amusent à courir dans les rues la nuit pour rétablir l’électricité à chaque panne et « sauver le pays ». Des jeux dangereux auxquels le dessin de Xavier Jimenez, figé et, pour les portraits, singulièrement grimaçant, ne rend pas justice.
 
 
 
 
Habitué à illustrer les pages « faits divers » de Libération d’un instantané acidulé qui permet d’imaginer la seconde qui a précédé et celle qui suivra, Marcelino Truong apporte dans Une si jolie petite guerre une réponse bien plus riche. Sous-titré "Saigon 1961-1963", son récit est très personnel : il ressuscite l’enfance de ce fils de haut fonctionnaire vietnamien, de son départ de Washington, où son père était attaché culturel, à l’exil de la famille à Londres, en passant par deux années au cœur du conflit. Chronique familiale autant que politique, son roman très graphique varie les angles, alternant reconstitutions réussies des gestes d’un enfant protégé, qui joue à la guerre dans son salon alors qu’elle fait rage à quelques kilomètres de là, et notes d’un adulte qui cherche encore la solution de l’équation que posait alors la partition du pays. Les lettres de sa mère, française, à ses parents de Saint-Malo, ou les explications délicatement dessinées à propos de l’entourage du président Diêm ou du rôle des religions catholique et bouddhiste constituent l’envers du décor, surprenant et bienvenu, de films comme Platoon ou Full Metal Jacket. Depuis ces années d’innocence et de violence, Marcelino Truong a dessiné des dizaines d’ouvrages pour enfants, d’adaptations de romans ou de couvertures de livres. Mais ce fragment d’autobiographie semble, de loin, avoir été le projet qui lui a tenu le plus à cœur, comme si quelque chose avait poussé en lui à l’époque.
 
 
François Mauger
 
A lire :
Les lumières de Tyr de Joseph Safieddine et Xavier Jimenez (éditions Steinkis)
Une si jolie petite guerre de Marcelino Truong (éditions Denoël)

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