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Afrique Asie-Océanie > Iran > Ostad Elahi // Ostad Elahi![]() © mondomix Portrait de: Ostad Elahi"Devenir savant, comme c'est facile! Devenir humain, comme c'est difficile!" (Paroles de Vérité, Tome I). Erudit, homme de lettres, théologien hors pair, Ostad Elahi réunissait toutes les qualités pour suivre la voie empruntée par son père Hadj Nemat, un maître spirituel. Pourtant, alors qu'il jouissait de l'admiration générale et qu'il aurait pu se consacrer à la méditation sans se soucier des contingences matérielles, il tourna le dos à cette existence pour s'immerger dans la société humaine. Il n'a jamais énoncé sa pensée sous forme de système, procédant par petites touches, sous forme de maximes empreintes d'observation de la vie quotidienne, préférant un comportement sans faille aux discours didactiques. Presque considéré comme un saint, il refusait obstinément toute marque de vénération, se fondant humblement dans la masse des hommes. En tant que maître de musique, il procédait de la même manière. Sa virtuosité et son génie ne se sont guère exprimés que dans des cadres amicaux ou familiaux et les rares enregistrements que nous ayons de lui ont été réalisés à la sauvette, vers la fin de ses jours. Car si la musique tenait une place essentielle dans sa vie, c'est avant tout parce qu'elle lui servait à exprimer et à transmettre sa spiritualité. Fils d'un mystique de l'ordre des Ahl-e Haqq (confrérie derviche), Ostad Elahi naît le 11 septembre 1895 à Jeyhunabad, un petit village Kurde de l'Ouest iranien. En 1901, suite à une expérience spirituelle très forte, son père décide de se consacrer à l'ascèse. Deux ans plus tard, il adopte le vêtement blanc des derviches et commence à être considéré comme un guide spirituel par de plus en plus de gens. En 1904, le jeune Ostad (qui s'appelle encore Nour Ali), âgé de neuf ans, commence un cycle de retraite ascétique qui durera douze ans. Au cours de ces douze années, il sera confronté à des expériences intenses (notamment une mort clinique suivie d'une résurrection) qui ne feront que renforcer son charisme et sa force intérieure. Il faut dire que, dès son plus jeune âge, cet être d'exception manifestait sa singularité. Témoin, l'anecdote racontée sur le site qui lui est consacré : "Seul enfant de la maisonnée, il ne connaissait pas l'ennui (…), il s'inventait toutes sortes de jeux (….). Il prenait par exemple des queues de chèvres qu'il désignait comme étant des archanges et les faisait dialoguer sur des points de théologie avec beaucoup de sérieux". La musique, au même titre que l'enseignement de la philosophie ou l'étude des textes sacrés, était l'une des pierres fondatrices de son éducation. Au point qu'à l'âge de neuf ans, il était considéré comme un virtuose du Tanbûr (luth oriental dont le manche est plus long que la caisse). La musique d'Ostad Elahi est fondée sur un répertoire traditionnel demeuré secret durant plusieurs siècles car il n'était interprété que dans le cadre de la prière et de la contemplation. D'ailleurs Ostad Elahi ne donnait jamais de représentation publique et les enregistrements n'ont été recueillis que dans un cercle restreint, réalisés presque à son insu, et édités après sa mort. On lui doit de nombreuses innovations qui ont profondément modifié la pratique du Tanbûr, ainsi qu'une large centaine de compositions originales et, surtout, une virtuosité d'interprétation qui touchait au céleste et dont les enregistrements ne laissent qu'une trace imprécise. Mystique parmi les hommes, il a su faire survivre un patrimoine musical populaire tout en le transformant en musique savante grâce à sa profonde réflexion sur la relation que la musique entretient entre l'âme et le divin. En 1957, lorsqu'il prend sa retraite (car Ostad Elahi fut aussi un magistrat hors pair), il se dédie à l'enseignement, à la rédaction de ses ouvrages et à la musique sacrée. Bien contre sa volonté, sa réputation de sage traverse les frontières et les disciples commencent à affluer du monde entier. Et, à sa mort, en 1974, il avait atteint un tel degré de spiritualité que des milliers de personnes assistèrent à ses funérailles et que sa tombe est aujourd'hui un lieu de pèlerinage. // LIRE AUSSI
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