Womex : à l’année prochaine !

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Musique - Actualité

Un survol partiel (et légèrement partial) de la 17ème édition du Womex, le salon des musiques du monde.

La dix-septième édition du Womex s’est achevée sur un solo de trompette de Hugh Masekela. Le musicien sud-africain fêtait ainsi l’ « Artist Award » qui est venu récompenser l’ensemble de sa longue carrière, commencée il y a plus de cinquante ans. Zakaria Ibrahim l’avait précédé sur la scène du Koncerthuset de Copenhague. Le festival Roskilde souhaitait en effet honorer le Mastaba Center for Egyptian Folk Music, qu’il a fondé et dont sont issus des groupes aussi marquants que El Tanbura, Rango ou le Bedouin Jerry Can Band. Le prix de l’ « excellence professionnelle » a quant à lui été remis à Francis Falceto pour saluer l’humilité et la persévérance avec lesquels il a popularisé la musique éthiopienne. Enfin, le prix du meilleur label, décerné en fonction des diffusions sur les radios membres des « World Music Charts », a été remis pour la deuxième année consécutive à Pascal Bussy, de la maison de disque World Village.

 

Masekela

Hugh Masekela et le présentateur radio Francis Gay

 

Zakaria Ibrahim et son frère

 

 

Falceto

Francis Falceto

 

 

Pascal Bussy, qui représentait le label World Village

 

Cette cérémonie a mis fin de façon émouvante à quatre belles nuits de concert. Impossible de tirer ici un bilan exhaustif et objectif de ce qui s’est joué au Koncerthuset. Quelques souvenirs malgré tout des grands et des petits moments de ce Womex 2011, sous la forme de photographies et de commentaires subjectifs …

 

Sur la superbe scène du Studio 1, Boubacar Traoré s’est surpassé. Inégalable et inégalé (surtout depuis qu’il a trouvé en Vincent Bucher sa deuxième moitié, un homme capable de terminer les phrases qu’il a commencées d’une trille d’harmonica), Kar Kar est enfin devenu une icône internationale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Womex a choisi de projeter sa silhouette sur ses murs …

 

 

Dans un registre majoritairement instrumental, l’accordéoniste irlandais Máirtín O'Connor a lui aussi livré un concert éblouissant.

 

 

Tous instruments en avant, la prestation de l’Américain d’origine arménienne Ara Dinkjian a été un oasis d’harmonie où ont poussé de belles mélodies. Mention spéciale au Grec Sokratis Sinopoulos, qui l’accompagnait au kemenche.

 

 

 

 

L’accordéoniste Celso Piña a probablement été le musicien le plus applaudi du Womex. Il est rare que, dans ce salon essentiellement fréquenté par des professionnels, une dernière chanson soit demandée de façon aussi frénétique. A croire que le Mexicain a de nombreux fans à Copenhague …

 

 

Tout aussi dansant mais moins attendu, le funana de Ferro Gaita a étonné plus d’un festivalier, avant de déclencher des mouvements de bassins totalement incontrôlés.

 

 

 

En matière de surprise, c’est l’accoutrement visiblement emprunté à Mad Max des membres de Sotho Sounds, un groupe venu du Lesotho, qui  a emporté la palme.
 

 

Belle découverte, Baiana System, un groupe de Salvador de Bahia, fera probablement résonner son groove inclassable dans toute l’Europe l’été prochain.
 

 

 

 

Pour Systema Solar, qui lui a succédé, les dés sont déjà lancés : son sound system sautillant a dès à présent pris pied sur le vieux continent.
 

 

 

Etonnamment énergique, voire par moments quasiment épileptique, le tango l’Orquesta Típica Fernández Fierro n’a rien à envier aux groupes précédents en termes de vitalité.  

 

Ce n’est pas parce qu’il bougeait moins que le qawwalî d’Asif Ali Khan n’a pas emporté les spectateurs vers les hauteurs.

 

Côté fado, Carminho s’est avérée une très sérieuse concurrente pour les Mariza, Ana Moura et autres Misia.

 

 

Une petite déception : s’éloignant du répertoire folk qui lui sied si bien, l’Anglaise Eliza Carthy a chanté une pop de cabaret amusante mais légèrement déplacée ici.
 

 

 

 

Autre déception : n’avoir pu assister qu’aux dernières minutes de la prestation d’Elage Diouf, dont le mbalax ralenti, remarquablement bien écrit, mériterait sans doute plus d’attention.
 

 

 

Même chose pour Le vent du nord : ces Québécois pratiquent une chanson à l’ancienne qui vaudrait la peine qu’on s’y attarde plus.
 

 

 

Certains concerts devraient être déconseillés aux non-voyants. Si vous retirez à Alejandra Robles son huipil richement brodé et ses autres arguments visuels, vous aurez l’impression d’être plongé dans un pénible épisode de la Castafiore au Mexique.
 

 

 

 

D’autres concerts, en revanche, devraient être recommandés aux non-voyants. C’est le cas pour Ayarkhaan. Qui dépasse leur mise en scène d’un autre temps est en effet entraîné dans une tempête de sons sibériens tout à fait inédite.   
 

 

 

 

Matuto fusionne musiques rurales du Brésil et des Etats-Unis. Il est juste dommage qu’ils aient choisi d’unir ce que ces rythmes peuvent avoir de plus lourd, de moins gracieux.

 

Le compte est rapidement fait : les mauvaises surprises auront été bien moins nombreuses que les belles découvertes. Vivement l’année prochaine pour d’autres trouvailles …

 

François Mauger

 

 

Et aussi sur le web :

- le site du Womex

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