Les profits que l'on tire du café bu au Nord se déversent-ils facilement vers le Sud ? L'association de commerce équitable Alter Eco aimerait répondre par l'affirmative. Elle diffusera sa vision d'un monde plus juste le 7 juin, au Cabaret Sauvage.
Voyage : gloire aux Gitans de Hongrie !
En mai dernier s'est tenu à Budapest l'évènement musical Az értől az óceánig ("du ruisseau à l’océan"), qui présentait les richesses de la Hongrie à toute l’Europe. Présentation des groupes gitans Voyasa Band et Parno Graszt, porte-voix d'une minorité actuellement malmenée dans le pays...
En mai dernier s'est tenu à Budapest l'évènement musical Az értől az óceánig (« du ruisseau à l’océan »), qui présentait les richesses de la Hongrie à toute l’Europe. L’un des points forts en fut les performances des groupes gitans Voyasa Band et Parno Graszt, porte-voix d'une minorité actuellement malmenée dans le pays.
Initialement conçu pour servir de parking au nord-est de Budapest, l’espace qui abrite l’Akvarium Klub ressemble à un centre commercial, mais est voué à devenir un complexe culturel. Pour l’instant, cette masse de béton en sous-sol accueille de nombreux bars qui cernent une petite salle de concerts de musiques actuelles. Le 26 mai dernier, l’affiche se composait de deux formations gitanes.

Le Voyasa Band
En première partie, le Voyasa Band n’a pas encore soufflé sa première bougie, mais assène déjà avec aplomb une combinaison de traditions gitanes hongroise, andalouse ou balkanique, vitaminées par un duo basse batterie nourri au rock et au métal. Les musiciens ont précédemment fait leur preuves au sein de Romano Drom, Kalyi Jag ou Nomada ou aux côtés de la chanteuse Mitsoura. Joyeux et efficace, leur énergique cocktail entraîne irrésistiblement le public vers une danse débridée.
Sehol se talallak de Parno Graszt
Malgré cette joie de vivre instantanément partagée, le quotidien des gitans hongrois a rarement été aussi pénible. La Hongrie traverse une dure crise sociale et économique qui frappe le peuple entier et dont les Gitans, pourtant sédentarisés en Hongrie depuis plus de 500 ans, font souvent les frais. Ils sont victimes d’un racisme de plus en plus violent, entretenu par un gouvernement nationaliste. Mais pourtant, quand Maria Balogh, chanteuse, épouse du contrebassiste et mère de deux musiciens de Parno Graszt, évoque les milices d’extrême droite qui paradent et brutalisent les Gitans dans certains villages, elle le fait en riant : « Il y a bien eu des histoires dans des villages voisins, mais ils ne sont pas encore venus chez nous. A Paszab [région de Szabolcs-Szatmár-Bereg], nous sommes plus de trois cent Gitans. Tout se passe bien avec les autres villageois et nous ne sommes pas prêts à nous laisser faire ». Leur force vient de leur foi et leur meilleure arme est leur musique. Elles sont en eux depuis qu’ils sont nés et ils savent qu’ils vont mourir avec.
Les musiciens de Parno Graszt sont une famille. Ils ont fondé ce groupe d’envergure internationale en 2002. Sur scène, ils se tiennent en demi-cercle, la contrebasse à une extrémité et, à l’autre, la percussion typique formée de deux cruches à lait soudées. Leur leader s’accompagne d’une mandoline tambura et chante en hongrois des histoires de noceurs repentis qui ravissent leurs fans, constitués de jeunes femmes qui se déhanchent sensuellement devant des garçons qui sautent comme des kangourous hystériques. Au rappel, les musiciens de Voyasa les rejoignent pour un chant gitan traditionnel. Ils poussent l’euphorie encore plus loin sans s’inquiéter de rien. Ils sont 13 sur scène et se moquent des superstitions car Dieu et la musique sont de leur côté.
Benjamin MiNiMuM
Et sur le web:
- Le site de Parno Graszt
- Le myspace de Vojasa
Continuez la lecture avec
-
Le 12 décembre dernier, le Taraf de Haïdouks et le Koçani Orkestar ont enregistré à Bruxelles le deuxième...
-
-
lire plus sur
à lire aussi
à découvrir
Mondomix Aime
-
-
L’année dernière, 105 000 festivaliers se sont massés sur les pelouses de la Prairie des Filtres. Ce chiffre est peu croyable mais le record pourrait être battu en juin, tant la programmation 2013 est exceptionnelle. Placée sous le signe des « Antillas », elle rapproche les îles, les rives et les genres...
-
Derrière les portes sculptées des riads de Fès, se dessine l'Andalousie, célébrée par les poètes arabes et source infinie d'inspiration des musiciens. Les créations prennent racines dans les musiques sacrées et s'inscrivent dans la modernité, du 7 au 15 juin.
-
Après des éditions consacrées au Mali ou au Brésil, 6eme continent explore le rapport au monde de la ville de Lyon qui assume ses métissages et se réveille aux rythmes de la cumbia tropicale, du reggae algérien ou de l'electro sefarade. Une programmation éclectique noue des liens avec la richesse culturelle des communautés lyonnaises.
-
Si le parfum qui flotte sur le site du festival est principalement celui de la Roseraie qui l’accueille, les musiques qu’on y hume sont voyageuses. Cette année, Parfums de Musique collectionne de riches traditions européennes, fait un large détour vers Taïwan et accueille le projet de violons sans frontières de Mathias Duplessy.
-
Transgenre, transfuge et transie, la poésie trouve refuge chaque printemps sous la voute élancée des Bouffes du Nord. Une musique libre et libertaire l'y fait danser trois nuits de suite, du 28 au 30 mai.
-
Ont-ils un espion au sein de la rédaction ? Les programmateurs de ce festival parisien ont agrégé le meilleur de ce qui fait notre actualité : la nouvelle vague congolaise, l'éclatante électro sud-africaine, le cinéma des grands témoins, la solidarité avec tous les Maliens, l'observation réjouie dela créolisation galopante, la réflexion sur les conséquences d'une mondialisation sans fin... Du 17 mai au 2 juin, sur cinq salles, un état des lieux de nos obsessions africaines.
-
Depuis le départ de Bashung, Rachid Taha est certainement le plus grand rockeur français. Robert Plant, Mick Jones ou Justin Adams, son récent producteur, n’ont aucun doute à ce sujet. En France, Rachid Taha reste pourtant catalogué chanteur de world music. Conversation déliée et sans tabous autour de la sortie de Zoom, l’un de ses plus grands albums, et l’un des plus rock’n’roll.


Commentaires
Poster un nouveau commentaire