Les traditions spectaculaires de sorties de masques et de tambours sont toujours très vivaces en Afrique. Dans le cadre du Festival de l’Imaginaire, la Maison des Cultures du Monde présente une sortie de masques des célèbres Dogon, au Mali. Le musée du quai Branly invite quant à lui les Maîtres tambours du Burundi.
Trio Chemirani
Le zarb est un tambour persan en bois de mûrier ou de noyer dont la membrane en peau de chèvre est collée sur son pourtour. Originaire du nord de l'Iran, l'instrument a ensuite voyagé à travers l'Afrique et l'Asie et devint populaire grâce à des musiciens turcs, européens de l'est, ou nord africains. Le zarb, ou tombak, est une percussion mais aussi un instrument mélodique, il se joue avec les doigts mais aussi avec la paume de la main. Capable de générer autant de notes qu'un piano, ses combinaisons mélodiques et rythmiques semblent illimitées.
Djamchid Chemirani est né à Téhéran en 1942. Dès ses huit ans, il commence à apprendre la technique du zarb auprès de Hossein Teherani, grand maître grâce auquel le zarb est passé du statut d'instrument d'accompagnement à celui d'instrument solo. Djamchid Chemirani est devenu un maître du zarb, mais aussi un moderniste attiré par les nouvelles idées. Quand il décide de quitter l'Iran, il n'est pas seulement devenu un grand musicien, il est aussi un professeur exceptionnel. Il a enseigné les techniques du zarb à de nombreux musiciens, dont Jean-Pierre Drouet, compositeur de musique contemporaine avec lequel il se produit parfois sur scène. Mais ses deux élèves les plus prometteurs sont ses deux fils Bijan et Keyvan. En plus du zarb, les deux fils pratiquent d'autres percussions orientales telles le daf, le bendir et le udu. Leur trio, forcément basé sur une grande complicité, fait le bonheur des festivals de Musiques du Monde et est acclamé dans le monde entier.
Musiciens prolifiques et curieux, chacun des trois Chemirani s'investit à la fois dans des travaux personnels et des collaborations fructueuses, Keyvan travaille régulièrement avec le musicien italien Carlo Rizzo, Bijan avec Manu Théron (Gacha Empega, Houria Aïchi ou Hakim Hammadouche (oudiste de Rachid Taha). En 2001, il sort "Gulistan-Rose Garden", un magnifique album pour lequel il fait appel aux talents multiples du musicien irlandais exilé en Grèce, Ross Daly. Pour sa part Djamchid est sollicité par de grands chanteurs iraniens mais aussi par de prestigieux metteurs en scène ou chorégraphes tels Peter Brook, Caroline Carlson ou Maurice Béjart.
Suite au désir de Keyvan de travailler avec des musiciens africains, le trio rencontre le groupe familial malien "Néba Solo" et crée un spectacle inédit où les balafonistes et les percussionnistes iraniens mêlent habillement leurs deux cultures. "Falak" est une création du festival de musiques africaines de Seine Saint Denis, "Africolor".
Djamchid, Bijan et Keyvan, chez les Chemirani la musique rythme le quotidien et les deux sœurs de Bijan et Keyvan sont également des artistes de grand talent. Mariam, qui s'est produit en 2000 au festival "les Suds à Arles", a travaillé avec Keyvan en 2001 et le résultat est attendu pour 2002.
Dextérité et sensibilité, conjuguées avec une complicité hors du commun, c'est le secret de cette formation qui révèle au monde les possibilités incroyables du zarb. Délivrant des rythmes savants et de mélodies ciselées, le zarb est une percussion qui se suffit à elle même.
Voir aussi la création Falak (Trio Chemirani et Trio Neba Solo)
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Commentaires
Un grand merci pour votre prestation à Marseille(Averoes)A vous revoir bientôt un barbu de Manosque
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