Théâtre, BD et Moriarty en une seule pièce

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Théâtre - Actualité

Inspiré par les chansons de Moriarty, un spectacle pluridisciplinaire de Marc Lainé, "Memories from The Missing Room", met le groupe en scène et lui adjoint trois comédiens et un dessinateur. A découvrir jusqu’au 7 octobre au théâtre de la Bastille ...

Théâtre, BD et Moriarty en une seule pièce

Inspiré par les chansons de Moriarty, un spectacle pluridisciplinaire de Marc Lainé, Memories from The Missing Room, met en scène le groupe, trois comédiens et un dessinateur dans un dispositif original et une dramaturgie à plusieurs niveaux.

 
 
Derrière un écran de mousseline, côté jardin, un lit deux places, ses lampes de chevet et ses tables de nuit. Au centre, un fauteuil et son lampadaire. Côté cour, une porte, une table, une chaise un téléviseur suspendu et une fenêtre ... Le décor surplombé d'un néon rouge prévient qu'il n'y a plus ici de place ("No vacancy"). 
 
Nous sommes dans une chambre d’hôtel aux murs de bois et c’est la seule certitude que nous pouvons nous forger. Nous ne savons pas dans quelle ville nord-américaine nous sommes, ni même si, pendant l'heure et demie du spectacle, l'action se déroule dans la même « chambre qui pue et ne possède même pas de minibar ». Une femme et deux hommes (Priscilla Bescond, Geoffrey Carey et Philippe Smith), dont on ne sait s’ils évoluent dans la réalité ou le fantasme, y vivent des heures de tourmente. Leurs dialogues en anglais sont sous titrés sur le mur, accentuant ainsi la distance avec le drame. A travers leurs paroles et leurs gestes, la jalousie, le désir et la haine exécutent une danse dangereuse mais décalée où s’immisce des traits d’humour et des accents poétique. La violence et la mort rodent, telles des sentences à des passions amoureuses mal vécues, mal partagées. 
 
 
 
Une création précédente de Moriarty, avec le joueur de ngoni Moriba Keita
 
A la fin de chaque scène la musique surgit, le mur du fond pivote et les cinq Moriarty apparaissent, éclairant le huis clos triangulaire d’une des 13 chansons de The Missing Room, leur second album qui fut le point de départ de cette histoire et est ici interprété dans l’ordre initial. Les musiciens sont des spectres qui agissent dans l'inconscient des personnages, accompagnent leur destiné ou stimulent leurs réactions. D'autres fantômes traversent la nuit, chiens errants, ombres mouvantes ou éclaboussures dessinés en direct par l'auteur de bandes dessinées Philippe Dupuy, lauréat, avec Charles Berberian, d'un grand prix du festival d'Angoulême. Ses interventions graphiques projetées sur le décor et la musique folk rock cotonneuse de Moriarty prolongent le jeu des comédiens. La dramaturgie y gagne en relief et son étrangeté y trouve sa logique.
 
 
 
Rarement spectacle aura aussi bien conjugué les médiums. On ne peut  résumer Memories from The Missing Room à du théâtre musical ou à un concert de dessins. Chaque élément possède sa vie propre et se reflète dans l’autre, participe à l’intrigue et forme un tout cohérant et réjouissant qu’il ne faut pas laisser passer.
 
Benjamin MiNiMuM
 
Et aussi sur le web :
- le site de Moriarty

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