Spiro : nouvelle vague folk à Bristol

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Musique - Actualité

Rarement le premier morceau d’un album n'aura autant donné envie d'appuyer sur la touche "repeat" ... Spiro, un quatuor inclassable de Bristol, nous livre certains des secrets de son folk minimaliste ...

Spiro : nouvelle vague folk à Bristol

Rarement le premier morceau d’un album n'aura autant donné envie d'appuyer sur la touche repeat que celui de Spiro, quatuor inclassable de Bristol qui nous livre certains secrets de ses sortilèges ...

 
 
Le trip hop est né et mort à Bristol, cette ville ouverte à tous les vents du large. Apparu entre les lignes bleutées de Massive Attack, le genre s’y est progressivement éteint dans la seconde moitié des années 90, à mesure que Portishead échouait à produire un autre disque de la trempe de Dummy, son premier album, somptueux péplum de l’intime. Entre temps, Bristol fournissait de nouvelles armes au Front International de Libération des Lignes de Basse et accordait au monde entier le droit de rêvasser sur les pistes de danse.
 
Totalement inimitable, Spiro replace le port anglais sur la carte des musiques actuelles. Sans pour autant le remettre à la mode : la recette du groupe est bien trop personnelle pour faire école, sa musique trop inouïe pour inspirer les suiveurs. La décrire, c’est décrire l’océan qui borde Bristol : dans un mouvement fascinant, tout se répète et tout change, quand rien ne se répète et rien ne change. Au-dessus des profonds courants qu’impulse l'accordéon de Jason Sparkes, ondulent les vagues du violon de Jane Harbour. Les notes de la mandoline d'Alex Vann en sont l'écume scintillante et la guitare de Jon Hunt imite la houle qui les renforce.
 
 
 
S’il lui faut un blason, le quatuor optera modestement pour celui du folk instrumental. Sous les orchestrations savantes, les oreilles les plus affutées reconnaîtront en effet de brèves citations de lointains titres du répertoire traditionnel anglais, comme The Weavers Hornpipe. Leur méthode d’enregistrement colle d’ailleurs à cette étiquette : « En studio, nous jouons tous ensemble, au même moment, confie Alex Vann. Même si tout est écrit, que les arrangements sont pensés note à note, nous nous nourrissons les uns les autres tandis que nous jouons. Sans cela, notre musique semblerait trop froide ». En riant, le mandoliniste admet que c’est sans doute la dernière chose qui le relie encore aux groupes punk que Jon et lui ont fréquenté dans leur jeunesse : « En concert, nous avons cette même espèce d’énergie rageuse que les punks ». Mais il confesse aussi d’autres influences : « La créativité des musiciens de la sphère électronique a ouvert nos oreilles et nous a poussés à essayer des choses différentes ». Il ne faut pas non plus le torturer trop longtemps avant que le nom de compositeurs contemporains d’obédience minimaliste, comme Steve Reich ou Philip Glass, ne soit lâché.
 
 
Erudition et chaleur, fougue et virtuosité. Le titre de son nouvel album, Kaleidophonica, et son visuel minutieusement psychédélique ne mentent pas : la musique de Spiro est l’une des plus hypnotiques qui soient. Les sirènes du port de Bristol n’ont pas fini d’attirer les mélomanes…
 
 
François Mauger
 
Et aussi sur le web :
- le site de Spiro

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