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Sortie Cinéma : "Melancholia"
Comment réagirions-nous si la fin de l’humanité devenait imminente ? C’est la question à laquelle Lars Von Trier tente de répondre dans sa dernière production, « Melancholia ».
Comment réagirions-nous si la fin de l’humanité était imminente ? L’idée de voir s’achever plusieurs millions d’années d’existence nous rendrait-elle mélancolique ? Des questions auxquelles le réalisateur Lars Von Trier tente de répondre dans sa dernière production, en mêlant le destin de deux sœurs, au tempérament diamétralement opposé…
Justine (Kirsten Dunst) vient tout juste de s’unir au ténébreux Michael (Alexander Skarsgard). Une éblouissante réception est organisée dans la maison de Claire (Charlotte Gainsbourg), la sœur de la jeune mariée. Tout est réglé au millimètre. Pourtant Justine commence déjà à émettre des doutes sur cette récente union. Mais aucun des invités ne se doute qu’à des milliers de kilomètres de là la planète Melancholia s’approche dangereusement de la Terre et que la fin de l’humanité est proche…
Bande annonce du film "Melancholia"
Dans la continuité d’« Antichrist », Lars Von Trier tient à affirmer une fois de plus que l’enfer du monde fleurit dans le cœur d’une femme en dépression. Pour se faire, « Melancholia » se divise en deux parties, en suivant tour à tour le destin de deux sœurs que tout semble opposer jusqu’à l’épreuve ultime : l’extinction de l’humanité par une collision cosmique.
Justine, la mélancolique, désire le drame et la souffrance. Plus le monde qui gravite autour d’elle va mal, plus elle tente de sortir la tête de l’eau. Une spirale qui l’absorbe dans ses plus profonds retranchements et qui est le seul moyen pour qu’elle ressente les choses avec intensité.

Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg)
De l’autre coté, il y a Claire, dont le personnage est incarné avec brio par Charlotte Gainsbourg. Une femme rationnelle, hédoniste, heureuse de vivre jours après jours avec son mari et son enfant. Mais « la bile noire » (d’où vient le mot grec « melancholia ») de Justine déstabilise sa sœur, la faisant sombrer à son tour dans un état dépressif. Affronter la mort n’est pas une chose facile, surtout quand l’on a le sentiment d’être seul dans l’univers…

Alexander Skarsgard et Kirsten Dunst
La majeure partie du film a été réalisée sans plan fixe. Des mouvements incessants de la caméra, qui semble chercher à saisir l’essence de chaque personnage, naît paradoxalement une cruelle vérité cosmique, métaphysique. Un romantisme renforcé par le génie du compositeur allemand Richard Wagner, dont les compositions rythment le compte-à-rebours, seconde après seconde, jusqu’à la collision entre les deux planètes.

Kirsten Dunst dans le rôle d'une mariée mélancolique
« C’était comme si je me réveillais après un rêve : ma productrice me montrait une proposition d’affiche. « C’est quoi, ça » ai-je demandé. « C’est un film que tu as fait ! » a-t-elle répondu. « J’espère que non, » ai-je bafouillé. On m’a montré des films-annonce… des photos… ça à l’air merdique. Je suis secoué ». C’est en ces termes que le réalisateur Lars Von Trier a exprimé ses réticences vis-à-vis de « Melancholia ». Pourtant réalisé en deux ans avec un budget de 7,4 millions de dollars, ce film catastrophe intimiste, ce thriller psychologique aux allures d’opéra, qui a été victime au Festival de Cannes des frasques de son réalisateur, mérite bien mieux que ce jugement expéditif.
Julien Bouisset
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