"Songs for desert refugees", album de soutien aux Touaregs

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Musique - Actualité

Alors que le Mali connaît une période politique sombre, un label français, Réaktion, publie une compilation de morceaux inédits de la scène rock touarègue "Songs for desert refugees". Une démarche artistique et politique: l'intégralité des sommes récoltées est reversée à des ONG...

"Songs for desert refugees", album de soutien aux Touaregs

Le Mali connaît des heures particulièrement sombres. Suite à l'insurrection en janvier des Touaregs du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad), allié pour la circonstance à Ansar Dine et Aqmi, deux mouvements islamistes, le pays se trouve coupé en deux. Après l'avoir conquise par les armes, MNLA et islamistes ont proclamé l'indépendance de la moitié nord du pays, sans que les relations entre ces différentes parties ne soient très claires ; au sud, à Bamako, un coup d'état du capitaine Sanogo le 22 mars a achevé de précipiter le Mali dans un chaos dont il n'est toujours pas sorti. Comme toujours en semblables circonstances, le bilan humain est lourd : on estime à 220 000 personnes le nombre d'habitants ayant dû fuir les zones de conflit dans le nord et qui survivent dans des camps de réfugiés au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso ou en Algérie, grâce, essentiellement, à l'aide des ONG. 

 

 

Tinariwen aux Bouffes du Nord 
 
 
 
Ce sont deux d'entre elles, Tamouré et ETAR, que cette compilation entend soutenir, en leur reversant l'intégralité des sommes dégagées par les ventes de ce disque. Une belle raison en soi de l'acquérir. L'autre : la musique y est renversante. Des morceaux pour la plupart inédits de douze groupes de la scène rock touarègue s'y trouvent rassemblés. Honneur à ceux qui initièrent cette formidable déferlante, Tinariwen ouvre l'album, avec Amous Idraout Assouf d'Alwa, un inédit tonique d'Aman Iman (2006). Derrière, des valeurs sûres dans la plénitude de leur art, les Maliens de Toumast, Tartit, Tamikrest et Terakaft ou le groupe nigérien Etran Finatawa, composé de Peuls et de Touaregs. Les nouveaux venus impressionnent aussi, tels l'Algérien Nabil Baly Othmani ou les jeunes Maliens de Tadalat. A entendre tous ces guitaristes faire virevolter dans l'éther des tourbillons de notes bleues, on se dit qu'ils offrent décidément une singulière descendance à certains groupes psychédéliques américains des années 60. Démonstration avec Bombino, qui, tel un Jerry Garcia (Grateful Dead) nigérien, tresse pendant plus de treize minutes de fines torsades, légères et chaudes comme l'harmattan, et s'élève insensiblement vers les étoiles.  
 
 
Bertrand Bouard
 

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