Riffs de guitare rock ensablés dans le désert algérien, musique pop-rock chantée en arabe, voilà ce qui constitue l'étonnant cocktail Temenik Electric. Retrouvez-les en tournée sur toute la France !
Serge Teyssot-Gay : "Dans Interzones, il y a une alchimie qui fonctionne"
L'ancien guitariste de Noir Désir donne une seconde vie à son projet "Interzones". D'Ibrahim Maalouf à Keyvan Chemirani, il nous a présenté les musiciens qui l'accompagnent dans cette aventure, qu'il relancera le 30 septembre à l'Abbaye de Royaumont.
L'ancien guitariste de Noir Désir ne s'est jamais borné à un seul univers musical. Depuis la fin du groupe, il explore le spectre musical tout entier, collaborant avec des rappers (Casey, Hamé, B. James, Mike Ladd, ...), une contrebassiste venue de la musique contemporaine (Joëlle Léandre) ou le joueur de oud Khaled Aljaramani. Le duo qu'il formait avec ce dernier, Interzone, s'enrichit. Avant la parution de Waiting for spring, un album annoncé pour janvier 2013, Serge nous a présenté ses nouveaux complices ...
Comment a évolué le projet Interzones?
Serge Teyssot-Gay : C'est un projet qui a démarré avec Khaled Aljaramani, un joueur de Oud qui habite en Syrie et avec qui j'ai commencé à travailler il y a une dizaine d'années. On a fait deux albums, avec deux tournées assez longues, sur 4 ans. On a passé beaucoup de temps ensemble et à la fin on était enfermés dans une sorte de schéma, dans lequel on avait créé notre propre langage à deux : on a eu besoin d'évoluer. On a alors fait un break de 4 ans, histoire de s'écarter l'un de l'autre, d'aller voir ailleurs et d'apprendre d'autres choses, pour pouvoir revenir éventuellement avec d'autres bagages.
Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljaramani - Baïati
Vous avez alors créé le groupe Interzones extended
Serge Teyssot-Gay : On s'est retrouvés quatre ans plus tard avec l'envie de redémarrer le duo. Parallèlement, j'ai proposé à Frédéric Deval, de la Fondation Royaumont, de nous aider. Il nous a proposé de monter un groupe. J'ai pensé à mélanger les cordes (on est déjà deux instruments à cordes, guitare éléctrique et oud), avec des instruments à vent en plus d'une percussion. Je connaissais bien Carol Robinson, qui joue de la clarinette basse et de la birbyne, pour avoir travaillé avec elle sur d'autres projets à Royaumont. Je suis totalement admiratif de cette musicienne et de son univers personnel. Elle vient de la musique contemporaine, c'est une américaine qui n'est pas dans l'imagerie « world music » telle qu'on l'entend de façon traditionnelle. Elle a une ouverture à la musique qui est différente de cette musique, ou de la mienne. Avec sa personnalité et sa singularité musicale, on s'est dit que c'était une bonne idée de faire appel à elle car elle pourrait nourrir les nouvelles compositions d'interzones, pour les amener vers quelque chose qui dépasse l'univers du duo. Après, je me suis dit que le timbre, la façon d'aborder son instrument serait très compatible avec le son d'Ibrahim Maalouf et la capacité d'Ibrahim Maalouf à improviser.
Comment vous êtes-vous rencontrés avec le trompettiste Ibrahim Maalouf?
Serge Teyssot-Gay :A interzones, en duo, nous avons joué avec Ibrahim Maalouf, il y a très longtemps, comme ça, presque par hasard, sur un morceau, sans savoir qui était qui. On avait juste noté les noms. Il y avait donc une envie de se retrouver, une demande commune, moi de mon côté, Ibrahim du sien et quand je lui ai proposé de rejoindre le duo pour former un quintet avec Carol, avec la partie vents, il était très partant, très positif.
Ibrahim Maalouf - Beirut
Et l'ultime musicien qui compose le quintet interzones?
Serge Teyssot-Gay :C'est Keyvan Chemirani , un percussionniste que je connais pour avoir travaillé avec lui à Royaumont sur d'autres projets et qui avait aussi travaillé avec Carol Robinson. Donc on se connaissait, il y avait déjà d'autres croisements qui s'étaient faits par le passé et c'est aussi un musicien que j'adore. Ca me semblait facile de travailler avec lui, comme une évidence. On a fait une première résidence de travail avec le projet Interzones Extended, les coproducteurs du projet et avec Royaumont, on a travaillé les nouvelles compos.
Votre ressenti sur ce projet?
Serge Teyssot-Gay :Je ressens qu'il y a une alchimie qui fonctionne, c'est à mon sens la chose la plus importante, même s'il y encore beaucoup de travail et quelques imperfections. Mais c'est normal, c'est un processus en cours de création. La chose la plus importante c'est que ca fontionne entre nous et on passe du bon temps. Je pense qu'on prend beaucoup de plaisir à jouer ensemble. C'est déjà énorme.
Propos recueillis par Louise Logeart et François Mauger
Et aussi sur le web :
Interzones Extended, projet en écoute
Interzones Extended, en concert à Royaumont
Continuez la lecture avec
-
Pour la troisième fois, l'ancien guitariste de Noir Désir s'allie au joueur de oud syrien Khaled Al Jaramani. Leur nouvel album...
-
Avec Diagnostic, Ibrahim Maalouf clôt brillamment un triptyque en forme de thérapie musicale. Prochaine étape : une adaptation tr...
-
Dimanche dernier, grâce au festival Rhizomes, un guitar hero français, Serge Teyssot-Gay (ex Noir Désir), a joué avec l'un...
-
Sur leur dernier album, "Trio Chemirani invite", les percussionnistes franco-iraniens reçoivent des musiciens des quatre coins du...
lire plus sur
à lire aussi
à découvrir
Mondomix Aime
-
-
Les traditions spectaculaires de sorties de masques et de tambours sont toujours très vivaces en Afrique. Dans le cadre du Festival de l’Imaginaire, la Maison des Cultures du Monde présente une sortie de masques des célèbres Dogon, au Mali. Le musée du quai Branly invite quant à lui les Maîtres tambours du Burundi.
-
Derrière les portes sculptées des riads de Fès, se dessine l'Andalousie, célébrée par les poètes arabes et source infinie d'inspiration des musiciens. Les créations prennent racines dans les musiques sacrées et s'inscrivent dans la modernité, du 7 au 15 juin.
-
Ont-ils un espion au sein de la rédaction ? Les programmateurs de ce festival parisien ont agrégé le meilleur de ce qui fait notre actualité : la nouvelle vague congolaise, l'éclatante électro sud-africaine, le cinéma des grands témoins, la solidarité avec tous les Maliens, l'observation réjouie dela créolisation galopante, la réflexion sur les conséquences d'une mondialisation sans fin... Du 17 mai au 2 juin, sur cinq salles, un état des lieux de nos obsessions africaines.
-
« Les Enfants du Folk » accueille des bals bretons et occitans mais aussi des concerts de musique scandinave et irlandaise dans une vieille ferme briarde. C'est un moment unique pour les musiques traditionnelles des régions de France, les 25 et 26 mai à Savigny-le-Temple (77).
-
Dix ans, ça se fête ! Ils sont nombreux à revenir au Sakifo pour souffler les bougies du 7 au 9 juin à Saint Pierre sur l'île de lma Réunion: des artistes emblématiques comme Winston McAnuff, Cali et Féfé, ou la grande voix féminine du maloya, Christine Salem.


Commentaires
Poster un nouveau commentaire