Sam Lee : un troubadour aux pieds nus sur les routes d’Angleterre

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Musique - Interview

Attention : révélation ! Troubadour anglais qui chante pieds nus, Sam Lee a su s'imposer vendredi soir sur la scène du Womex avec un répertoire atypique, celui des nomades anglais, et un art du chant hors du commun. Nous l'avons interrogé et, c'est promis, nous en reparlerons ...

Sam Lee : un troubadour aux pieds nus sur les routes d’Angleterre

Des tablas, un koto, … Avant que Sam Lee ne monte sur scène, rien n’indique qu’un concert de folk anglais va se produire. Pourtant, lorsqu’il s’approche du micro, c’est un répertoire de chants britanniques plus anciens les uns que les autres qui jaillit. Chaleur, assurance, équilibre, … Son art du chant impressionne. Des noms viennent à l’esprit, et des plus prestigieux : sa voix évoque par exemple celle de Tim Buckley (comme – mais c’est moins important – un peu de sa coupe de cheveux et de son sourire). Mais le plus surprenant est peut-être l’origine de son répertoire : le troubadour qui chante pieds nus l’a appris des voyageurs d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, d’hommes et de femmes souvent âgés, comme cette « femme de 78 ans », dont il a parlé entre deux chansons, « qui chante comme personne mais qui, si vous avez le malheur de parler pendant qu’elle le fait, vous balance sa pinte de bière à travers le bar ». Conquis, nous lui avons demandé de nous en dire plus sur ses sources …

 



Où avez-vous rencontré tous ces nomades qui sont devenus vos maîtres de musique ?


Sam Lee : La plupart, je les ai rencontrés par coïncidence. J’ai frappé à des portes, je suis allé sur des sites où se réunissent des caravanes. Chaque fois, je demandais « Connaissez-vous d’anciennes chansons ? ». J’y ai passé beaucoup de temps. J’ai fait beaucoup de recherches. Mon maître, le voyageur écossais Stanley Robertson, vient d’une famille très célèbre de voyageurs écossais. Alan Lomax avait enregistré sa tante dans les années 50. Je le connaissais avant de le rencontrer. En fait, je ne savais pas qu’il était vivant, je croyais qu’il était mort, comme beaucoup d’autres grands chanteurs. Quand je l’ai rencontré, j’ai commencé un voyage de quatre ans en sa compagnie, jusqu’à sa mort. C’était une sorte de relation paternelle …


Qui sont exactement ces voyageurs ?


Sam Lee : Certains sont des Roms. Mais ils sont en Angleterre depuis huit cent ans. Ils parlent le rom mais sont pleinement anglais. Les voyageurs écossais et irlandais ne sont pas roms. Ce sont des peuples pré-celtiques. Certains parlent leur propre langue mais ils sont dans ces îles depuis des milliers d’années. J’ai appris mes chansons de tous : les Roms, les Ecossais et les Irlandais. Ce sont trois groupes distincts mais ils ont un mode de vie commun. Ce qu’ils partagent, c’est le voyage et ces vieilles chansons.


D’ordinaire, vous chantez a capella ?


Sam Lee : Oui, absolument. Et tous mes maîtres chantent a capella …


Pourquoi alors avoir choisi de monter sur scène accompagné d’un koto et de tablas ?


Sam Lee : Je ne l’ai pas choisi. Ce n’était pas un désir conscient : je ne me suis pas dit « Je veux un joueur de koto ». Ce que j’ai choisi (ou ceux qui m’ont choisi), ce sont des musiciens qui aiment une musique ouverte, qui pratiquent une façon de jouer imaginative. Ce qui compte, ce sont les personnes. J’avais avec moi un groupe de personnalités aimantes et partageuses. Les instruments viennent après.

 

Propos recueillis par François Mauger

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