Du 2 au 14 Août dans les Arènes de Fréjus. Pour l’édition 2013, les « Nuits de Fréjus » proposent une programmation exceptionnelle dans les Arènes, en plein coeur de la ville. Les artistes se succéderont pour offrir un panorama éclectique, du rap à la soul en passant par le rock, la chanson française et l’humour !
Pascal Canfin : "Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est une nouvelle politique rooseveltienne"
Pascal Canfin est député européén pour Europe Ecologie. Sensible aux problèmes liés à la crise économique actuelle, l'homme ne manque pas d'idées pour renverser la balance. Avoir une conscience verte pourrait-être une des solutions... Rencontre.
Pascal Canfin est eurodéputée sous l’étiquette Europe Ecologie. Fin juin, il a participé au lancement de Finance Watch, une association destinée à analyser le secteur financier pour que les responsables politiques puissent le réguler. Un prolongement naturel de son engagement en tant qu’écologiste.
Nous lui avons posé quelques questions, et le moins qu’on puisse dire c’est que l’homme ne manque pas d’idées ! Entretien.
Pascal Canfin, en quoi, l’écologie peut-elle contribuer à résoudre la crise économique actuelle ?
Pascal Canfin : Il y a plusieurs éléments de réponse. D’abord, il faut dire qu’une grande partie des problèmes de pouvoir d’achat sont liés à l’augmentation des dépenses contraintes, liées à l’énergie. C’est ce qui pompe, en quelque sorte, le pouvoir d’achat des salariés, et qui leur laisse, au final, très peu de marge de manœuvre pour les achats non contraints. D’où le paradoxe qui est que, quand on regarde les chiffres officiels de l’évolution des salaires, ils continuent à augmenter mais que, quand on demande aux gens s’ils ont des problèmes de pouvoir d’achat, ils répondent « oui ». La solution du paradoxe est elle là, elle est dans l’augmentation très importante, beaucoup plus importante que l’évolution des salaires, des dépenses contraintes. Nous, notre solution, c’est d’investir, par exemple, dans l’isolation des bâtiments ou dans des transports collectifs plus souples qu’ils ne le sont aujourd’hui, plus divers, pour avoir une palette de choix plus importante, de façon à diminuer la facture énergétique. Il faudrait pouvoir se passer de voiture quand on est en zone urbaine ou semi-urbaine. Une voiture, ça coûte en moyenne 6 000 euros par an. Pouvoir se passer soit de sa voiture, soit de sa deuxième voiture, soit, parfois, de sa troisième voiture, c’est une économie considérable, même si, en contrepartie, il faut payer des transports en commun. Dans aucune région de France, le coût d’accès aux transports en commun n’est équivalent à plus de cent euros par mois. Ce qui laisse une marge de manœuvre très importante par rapport aux 6 000 euros de la voiture.
C’est un exemple. On pourrait également de parler de l’isolation des bâtiments. Concrètement, dans « économies d’énergie », il y a « économie ». Faire ces investissements, mener ces nouvelles politiques enclenche un cercle vertueux. A la fois, ça diminue la pression qu’on exerce sur l’environnement (ça diminue le nombre de voitures en circulation, ça diminue l’émission de gaz à effet de serre), et ça permet d’améliorer la situation économique au quotidien.
Et cela amène de nouveaux emplois ?
Pascal Canfin : Oui, le deuxième cercle vertueux qui peut s’enclencher grâce à ce qu’on appelle la conversion écologique de l’économie, ou la transition écologique, ce sont les fameux emplois verts. Pourquoi avons-nous la certitude que la transition écologique est potentiellement créatrice de centaines de milliers d’emplois ? Pour deux raisons importantes. La première : chaque fois que vous modifiez des modes de production pour intégrer la contrainte environnementale, quand vous passez, par exemple, de l’agriculture intensive à l’agriculture biologique, quand vous passez de la voiture individuelle aux transports en commun, quand vous passez de l’importation d’énergie aux économies d’énergie, via, par exemple, l’isolation … A chaque fois que vous faîtes tout ça, vous remplacez de l’énergie par du travail humain, vous remplacez des produits chimiques par du travail humain, vous remplacez du capital par du travail. Par exemple, en agriculture, pour produire le même kilo de pommes de terre, il faut trois fois plus d’emplois en bio qu’en agriculture intensive. Concrètement, la conversion écologique, comme elle remplace du capital par du travail, elle augmente ce qu’on appelle « l’intensité en emplois » de l’économie. Chaque point de richesse créé crée plus d’emplois. Ca, c’est un mécanisme économique qui a été confirmé par toutes les études qui ont été faites sur ce sujet là, y compris des études faites par des syndicats, comme, par exemple, la Confédération Européenne des Syndicats. C’est le premier mécanisme qui explique que, si on assure cette conversion écologique, qui est nécessaire pour réduire la dette écologique qu’on veut éviter de laisser … même pas forcément à nos enfants, parce que maintenant, c’est plus pour la génération future, c’est pour la génération actuelle. Si on fait ça, on a un effet très positif sur l’emploi.
Un effet positif sur l’emploi, un effet positif sur le pouvoir d’achat … Il y a bien un cercle vertueux qui nous permettrait de commencer à sortir de la crise tout en engageant la nécessaire conversion.
Les citoyens ont l’impression que c’est l’économie qui dicte sa loi au monde politique. Est-il possible d’inverser ce rapport de forces pour un mariage plus harmonieux entre écologie et économie ?
Pascal Canfin : Quand vous dîtes ça, vous vous référez certainement à la finance, pas à l’économie réelle … Votre journal, c’est une entreprise, je n’ai pas l’impression que vous dictiez votre loi aux politiques. En revanche, il y a certains acteurs économiques, extrêmement puissants, très forts en lobbying, qui effectivement, assez largement, ont pris le pouvoir face aux politiques. Politiques qui ont, assez largement, renoncé à ce pouvoir. Les deux grands types d’acteurs économiques qui, aujourd’hui, imposent leur loi aux politiques, ce sont, d’une part, le secteur financier, et, d’autre part, les grandes multinationales. Pour aller contre ça, il faut des responsables politiques qui aient le courage et la détermination, mais aussi la connaissance des mécanismes, pour modifier le rapport de force. C’est vraiment une question de volonté politique. Je donne l’exemple, parce que je pense que la situation est assez comparable, de Roosevelt après la crise de 29 : il a diminué la taille des banques, il a diminué considérablement les revenus du secteur financier, il a mis un taux d’imposition à 90% sur les plus riches, … C’est possible de le faire. Il l’a fait. Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est une nouvelle politique rooseveltienne. Qui sera le nouveau Roosevelt en France ?
Propos recueillis par François Mauger
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Commentaires
il faut travailler ses propositions que vous faites dans un article de ru89 et les poposer au PS à Montebourg "?la séparation des banques de dépôts et de financement de marché, ?l'interdiction de produits financiers complexes et risqués, ?l'instauration d'une taxe sur les transactions financières et d'un temps minimum pour toute transaction financière, ?l'obligation de déclarer tout compte d'un résident européen à son administration fiscale respective pour lutter contre l'évasion fiscale, ?le retour à des emprunts populaires pour que les Etats se financent directement auprès des citoyens et non auprès d'intermédiaires financiers qui ont fait une sorte de coup d'Etat en capturant l'épargne que leur confient les citoyens pour en faire des outils de spéculation contre les Etats."
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