Riffs de guitare rock ensablés dans le désert algérien, musique pop-rock chantée en arabe, voilà ce qui constitue l'étonnant cocktail Temenik Electric. Retrouvez-les en tournée sur toute la France !
Ndidi O - Blues & Love
Rencontre avec la chanteuse canadienne Ndidi O à l'occasion de la sortie de son premier album diffusé en france, "Move Together" (Naïve).
Où as tu grandi et à quoi ressemblait ton enfance ?
Je suis originaire de la Colombie Britannique, au Canada. Je suis née près de Vancouver, et j’ai passé mon enfance dans des petits villages de montagne. Mon enfance était pleine d’arbres, d’animaux sauvages, d’étés très chauds, d’hivers très froids avec beaucoup de neige.
Quand as tu commencé à chanter ?
Lorsque j’étais enfant, j’adorais lire et écrire. J’étais très curieuse, j’avais envie de découvrir le monde au travers des livres. Ma passion pour la musique est venue beaucoup plus tard lorsque j'ai découvert la collection de vinyls appartenant à ma mère. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à m‘intéresser à la musique. J’étais fascinée par ces gens avec des voix étonnantes qui chantaient des histoires, tristes ou joyeuses. A l’âge de 19 ans, je me suis mise à chanter et à écrire mes propres chansons. Mais c’est encore beaucoup plus tard que j’ai mis mes chansons en musique.
Tout a commencé par l’écriture, plus que par la musique…
Oui, j’explorais le monde par ce biais là. La vie est très compliquée quand tu es enfant ou adolescent. C’est très dur de grandir. Je m’évadais grâce aux livres.
Quand as tu décidé de te lancer dans la chanson en tant que professionnelle ?
Deux de mes amis m’ont un jour entendu chanter, et tous les deux se sont arrêtés nets, ils sont venus me voir et m’ont dit : « N’didi c’est cela que tu dois faire de ta vie : chanter ». A cette période de ma vie, je ne faisais rien de concret et j’ai dit : « Ok, c’est ce que je vais faire ». Je suis donc partie à New York car je pensais que c'était le meilleur endroit pour faire de ma voix un véritable instrument et devenir chanteuse.
Et tes débuts, tu les as fait dans les bars New-Yorkais...
J’allais dans les soirées « open’ micro » où il y avait des jams sessions. Toutes mes chansons étaient a capella. Lorsque je montais sur scène, je demandais à l’orchestre de ne pas m’accompagner. La première fois, personne n’a applaudi. C’était terrifiant. Tout le monde me dévisageait. Je me suis sentie tellement mal ! Je me suis dit « Mince, j’ai vraiment raté ma prestation ! ». Finalement, les gens sont venus me parler, un par un. Ils étaient vraiment surpris. Ils avaient l’habitude des chansons calmes et tristes. Mais moi, lorsque j’étais jeune, j’étais en colère et mes chansons étaient intenses, politiquement engagées, et déjantées. Peu à peu, je me suis rendue compte qu’au final ils appréciaient mes chansons. Mais je peux te le dire, il n’y a rien de pire que de monter sur scène, de finir sa prestation et que personne ne réagisse. Le silence. On pouvait entendre une mouche voler. C’était horrible ! Pourtant grâce à cette expérience, je me suis rendue compte à quel point, ce que j’exprimais à travers mes chansons, pouvait surprendre et inspirer les gens.
Tu as abordé différents styles de musique : le hip hop, rock, electro… Pourquoi as-tu décidé de revenir au blues?
J’ai toujours écrit des chansons blues. C’est à ce genre de musique que ma voix convient. Mais à New York, on m’a incité à rentrer dans des cases. Dans le monde de la musique il y a aussi le monde du marketing, et ce monde là aime créer des genres et mettre les gens dans des cases. A cause de mon physique, les producteurs voulaient que je fasses du hip hop et du R’n’b. Alors j’ai été propulsée dans le monde hip hop alors que je n’y connaissais pas grand chose... Je suis partie ensuite au Canada où j’ai fait du rock et de l'electro. L’électro était pour moi une bonne façon d’explorer différentes possibilités de ma voix.
Est-ce que tes origines nigérianes t’influencent dans ton travail ?
Je me sens vraiment canadienne. J’ai grandi à la campagne où j’étais la seule personne de couleur différente dans toute la ville. Je vivais dans un endroit très isolé et rural. Si la culture nigériane n’était pas dans mon environnement , je pense qu’elle était en malgré tout en moi. C’est dans mon sang. Je pense que la manière très rythmique dont j’écris me vient de là.
Où trouves-tu ton inspiration ?
Elle me vient des gens et de la manière dont ils interagissent. Peu importe notre culture, peu importe d’où nous sommes originaires, nos besoins sont les mêmes. Souvent, je m’assieds à une terrasse de café ou de restaurant et j’observe les gens. J’attrape des bouts de conversations. Et des fois, ce sont des histoires qui me parlent, que j’ai envie de mettre en chansons. J’ai toujours avec moi un stylo et carnet de notes où j’écris toutes ces idées.
Peux-tu me parler de ton album, « Move together » ?
C’est la première fois que je suis aussi contente d’un album (le premier diffusé en france, NDLR). Cet album porte essentiellement sur les relations amoureuses. Je me suis beaucoup inspirée des histoires amoureuses de mes amis. Certains se sont mariés, d’autres ont vécus des ruptures. J’ai été très inspirée par ça ; l’amour vient mais peut aussi s’en aller. L’écriture des chansons de cet album m’a pris environ un an et demi. J’étais en tournée au Canada. C’était très intense, on faisait beaucoup de concerts, mais peu importe où j’allais, j’avais ma guitare avec moi. J’écrivais alors une chanson, la chantais et l’enregistrais directement sur mon ordinateur. Je ne m’arrête jamais d’écrire. J’ai déjà écrit mon prochain album. Je suis constamment inspirée !
Quel message délivres-tu avec "Move together" ?
Le message dans mon album est que nous sommes tous pareils. On peut être différent, avoir des talents et des capacités différentes, mais nous avons tous besoins de nourritures, nous avons tous besoin d’amour, nous avons tous besoin d’être soutenus. Il ne faut pas oublier cela. Nous avons créé des conflits dans ce monde et aujourd’hui ce monde est en train de nous détruire. Rappelons nous que les actions que nous menons ont des conséquences sur d’autres personnes que nous mêmes. Tout a une conséquence, même si elle n’est pas immédiate. Nous devons nous réunir, être tous ensemble car c’est à cette unique condition que nous arriverons à dépasser les obstacles qui se présentent devant nous aujourd’hui. Je parle des inondations, des pandémies, de l’environnement qui se dégrade. Tout cela est dû à la manière dont nous nous comportons les uns envers les autres. Nous avons oublié que la seule chose que chaque être humain souhaite c’est de vivre décemment et d’être respecté. Alors rappelons-nous cela et traitons nous les uns les autres de manière correcte.
Propos recueillis par Laelia Salvan
Le clip "He needs me" :
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