Ndidi O, bientôt en trio avec la chanteuse de Moriarty et Brisa Roché

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Musique - Interview

La Canadienne Ndidi O sera au festival de Thau le 17 juillet. Tout en préparant son concert, la chanteuse métissée nous a parlé de son rapport à l’Europe et de ses nouveaux projets … 

Ndidi O, bientôt en trio avec la chanteuse de Moriarty et Brisa Roché

Pop-folk, blues ou encore jazz, peu importe : la chanteuse canadienne d’origine allemande et nigérienne Ndidi O s’épanouit dans tous les registres. Elle a interrompu sa tournée estivale quelques minutes, le temps de nous parler de son rapport à l’Europe et de ses nouveaux projets …

 
Votre dernier album s’appelle The Escape. Que fuyez-vous ? 
 
Ndidi O : Au moment où je travaillais sur l’écriture de l’album, je fuyais une très mauvaise relation, de nombreuses mauvaises habitudes, de mauvaises manières de penser. Je n’étais pas au meilleur de ma vie. En venant à Paris, je cherchais à fuir cette ancienne vie à laquelle j’étais attachée et je réfléchissais à ce qu’allait être ma nouvelle vie. 
 
Vous êtes d’origine nigériane et allemande et êtes née au Canada. Comment incorporez-vous ces éléments de votre triple culture dans vos chansons ?
 
Ndidi O : Je ne suis même pas sûre de le faire ! Je pense que la musique que j’écris est très canadienne, très nord-américaine. C’est ainsi que j’ai été élevée, de manière très canadienne. C’est ma culture et c’est la seule à laquelle je m’identifie. Je pense que c’est l’influence principale de ma musique. Cependant, je vais bientôt déménager en Allemagne et je vais explorer cet aspect de mes origines. Je suis sûre que dans mon prochain album, il y aura de nouvelles influences. Du moins je l’espère !
 

 
 
Avez-vous déjà voyagé et joué dans vos pays d’origine ?
 
Ndidi O : J’ai déjà joué en Allemagne plusieurs fois. Et j’ai adoré ! C’est l’une des raisons qui me pousse à aller habiter là-bas. L’Allemagne fait partie de mes origines culturelles et j’aimerais les explorer plus en profondeur. Je n’ai jamais joué au Nigeria. Je ne sais pas si j’y jouerais un jour, je n’en suis pas sûre. Le public réagit en général très bien. Je suis très bien reçue et c’est fantastique. Les publics européens sont en général très ouverts, très intéressés et très attentifs. J’adore ça ! Je suis très reconnaissante à toutes les personnes qui se déplacent pour me voir. Les publics européens sont très particuliers. Vous êtes très gentils ! Je ressens une très grande différence entre les publics nord-américains et les publics européens. Comme celle entre les publics français et allemands, et entre les publics anglophones et non-anglophones. En Amérique du Nord, il y a tellement de musique en permanence que les gens ne sont pas aussi attentifs qu’en Europe. Peut-être aussi que les publics européens sont plus cultivés car c’est une société plus vieille. Je suis du Nouveau Monde, ici c’est le Vieux Monde et le niveau d’appréciation de l’art  ici n’existe pas en Amérique du Nord.  
 
Cet album a été enregistré en France. A-t-il une teinte française ?  
 
Ndidi O : Je ne sais pas ! C’est une très bonne question ! J’ai écrit la moitié des chansons entre Paris et la Normandie, j’ai enregistré l’album en France. Peut-être qu’il a une teinte française ? Je ne suis même pas sûre de savoir ce qu’est vraiment la « french touch » !
 
Depuis votre installation à Paris, la proximité avec des artistes d’horizons divers a-t-elle nourrie votre création ?
 
Ndidi O : Je le pense. Je suis impliquée dans de nombreux projets dont deux avec des chanteuses basées à Paris : l’une est Rosemary Standley, de Moriarty, et l’autre est Brisa Roché. Pouvoir chanter avec ces incroyables vocalistes et monter un groupe avec elles nourrit évidemment ma création. Je travaille avec tous ces artistes qui ont des avis intéressants, de supers idées et qui se soutiennent tous  mutuellement. J’ai l’impression qu’il y a de la place pour la création. Je n’aurais probablement pas eu des opportunités comme celle-ci ailleurs qu’en France. Avoir une proximité avec des artistes d’horizons divers aide aussi à créer un environnement où l’on se sent plus créatif : quand on fréquente des créatifs, on veut aussi  l’être. 
 
Quels sont vos prochains projets ? 
 
Ndidi O : Je travaille sur mon prochain album. Je vais l’enregistrer à l’automne en Californie. Je fais également partie d’un projet avec Rosemary Standley, de Moriarty, et Brisa Roché, auteur compositeur. Nous avons un groupe et nous allons sortir un album début novembre. Nous l’avons enregistré à Berlin. C’est un album de reprises, avec trois voix féminines, des harmonies poussées. C’est très cool ! Je travaille aussi avec un artiste de rock instrumental, Robin Foster. J’ai hâte d’attaquer mes prochaines aventures !
 
 
Propos recueillis par Moriane Morellec 
 
 
Et sur le web :
- Le site de Ndidi O
- Le site de Moriarty
- Le site de Robin Foster

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