Les traditions spectaculaires de sorties de masques et de tambours sont toujours très vivaces en Afrique. Dans le cadre du Festival de l’Imaginaire, la Maison des Cultures du Monde présente une sortie de masques des célèbres Dogon, au Mali. Le musée du quai Branly invite quant à lui les Maîtres tambours du Burundi.
Mali All Stars : le studio Bogolan célèbre ses plus belles heures
Depuis dix ans, les plus grands noms du Mali y ont gravé leurs chefs d'œuvre, aux côtés parfois de stars du calibre de Björk, Damon Albarn ou Dee Dee Bridgewater. Le studio Bogolan, au cœur de Bamako, livre une impressionnante compilation en deux volets : l'un est tourné vers la tradition, quand l'autre s'ouvre aux artistes des autres continents...
Les plus grands noms du Mali y ont gravé leurs chefs d'œuvre, aux côtés parfois de stars du calibre de Björk, Damon Albarn ou Dee Dee Bridgewater. Le studio Bogolan, au cœur de Bamako, célèbre ses plus belles heures par une impressionnante compilation.
Le destin de certaines musiques semble parfois indissociable des vibrations d'un studio, qui en charpentent le son, l'esthétisme. La soul sudiste s'est épanouie entre les murs de Muscle Shoals, en Alabama, le reggae entre ceux de Tuff Gong, à Kingston... Les musiques maliennes ne font pas exception, dont la résonance mondiale trouve très souvent son origine parmi quatre pièces situées en plein cœur de Bamako, décorées de statues et de masques dogons, peuls ou tamasheks, et de tapis locaux lui ayant donné son nom : Bogolan. Pour Olivier Kaba, l’un des actuels propriétaires du studio, la spécificité des lieux réside dans la combinaison entre « une enveloppe locale - tout a été conçu avec les matériaux du pays - et des équipements dignes des studios à l'international. Notre grande pièce, de 70 m2, qui est en terre du Mali, permet à la musique de respirer, d'avoir de l'espace. A cela s'ajoute un ingénieur du son strict, très technique, toujours à la pointe ».
Un jour qu'il s'y rend pour récupérer un ampli, Ali Farka Touré se lie d'amitié avec Wernert et passe bientôt tous les samedis « taper le bœuf, avec quelques amis, et moi qui tenait la basse tout en enregistrant, raconte ce dernier. Savane [2006] a ainsi été en partie composé à partir d'une quarantaine de morceaux sur le vif, dont certains conservés tels quels ».
Dans le sillage du succès d'Ali, Toumani Diabaté, Oumou Sangaré, Amadou et Mariam, Tinariwen et bien d'autres entérinent la vogue des sons enfantés à Bamako - ils composent le premier CD de la compilation, Le Mali, sa tradition. La capitale malienne devient le point de convergence de stars curieuses : Damon Albarn, M ou Dee Dee Bridgewater défilent alors entre les murs de Bogolan et figurent au menu du deuxième CD, Le Mali, autour du monde. L'occasion d'un souvenir mémorable pour Yves Wernert. «Un matin, j'ouvre la porte à Björk, qui venait enregistrer avec Toumani Diabaté. Sauf que ce dernier n'arrive pas... On passe donc la journée à meubler, on met en place quelques boucles, on répète en acoustique. Et exactement au moment où Toumani arrive enfin, à 18 heures, coupure d’électricité ! A 21 heures, l’électricité revient, une minute avant que Björk ne dise : "Bon c'est la fin de la journée, je rentre"… (rires) ».
Aujourd’hui, Bogolan a soufflé sa dixième bougie, dans un contexte doublement difficile : la crise du disque et celle, politique, que traverse le pays depuis un an et qui dissuade certains artistes ou producteurs occidentaux de se rendre sur place. « Par rapport à nos années fastes, aujourd'hui, c'est un peu plus difficile, résume OIivier Kaba. Mais on a la fierté d’avoir gardé l’endroit vivant. D'où l'idée de la compile : célébrer l'anniversaire du studio et en faire parler, pour peut-être donner envie à d’autres de venir vivre l’aventure… ».
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