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Malavoi : Retour de flamme
Malavoi a été avec Kassav’ le groupe le plus important des Antilles francophones dans les années 80 et 90. La formation martiniquaise a fait le tour du monde. On la pensait essoufflée. Elle reprend du poil de la bête et prépare un nouvel album, après le retour de son chanteur de référence, Ralph Thamar.
Groupe légendaire de la Martinique, Malavoi avait perdu de ses attraits depuis quelques années, ne s’étant jamais tout à fait remise de la disparition en 1993 du « patron », le pianiste et compositeur Paulo Rosine. Arrivé au sein du groupe peu de temps après sa création au début des années 70 à Terres-Sainvilles, quartier de Fort-de-France, il a signé les plus grands succès de Malavoi. Des compositions fleuries de violons virevoltants dont celui de Mano Césaire (neveu d’Aimé Césaire) créateur du groupe avec quelques copains de quartier tel que Jean-Paul Soïme, également violoniste (décédé en 2007). La petite bande se réuni à la fin des années 60 sous le nom de Merry Lads, puis décide de choisir un patronyme davantage porteur d’identité. Ils s’appelleront désormais Malavoi, en référence à une variété de canne à sucre cultivée sur l’île. Leur parti pris ? Redonner du peps aux musiques et danses du temps jadis, les mazurkas, les biguines au parfum d’antan. Ils veulent réinjecter ce patrimoine dans le paysage musical martiniquais, colonisé comme la voisine Guadeloupe par le compas haïtien. Lui redonner une vitalité nouvelle en y intégrant des influences d’Afrique, du Brésil, des élans jazz et le son des îles cousines de l’arc caribéen. En quelques 45 tours l’affaire est dans le sac. Malavoi devient l’enfant chéri de la Martinique. Les chanteurs se relaient au pupitre jusqu’à ce qu’arrive Ralph Thamar, agent de banque à la voix impeccable qui enregistre le premier album de Malavoi en 1978. Après une période sans grande agitation, le groupe prend vraiment son envol en 1981 avec Paulo Rosine, aux commandes.
Petit à petit Malavoi devient grand, élargit sa notoriété bien au-delà du public antillais gagné à sa cause. « La Case à Lucie », sorti en 1986, déclenche l’engouement général. Jusqu’au Japon qui envoie une équipe de la télévision NHK pour faire des directs depuis la Martinique. En 1987, Ralph Thamar quitte le navire pour cause de désaccord. Il reviendra vingt ans plus tard. La raison officielle de son départ parle d’un désir de mener une carrière professionnelle dans la musique uniquement. Les autres membres du groupe n’adhèrent pas. Aucun ne veut laisser tomber son métier d’« à côté » (instituteur, infirmier, chef de service à la préfecture, agent bancaire, commercial…). « Se professionnaliser, voulait dire s’installer à Paris, et ça pour Paulo Rosine, c’était impensable, raconte Eric Basset, directeur d’Aztec Musique, la maison de disques de Malavoi. « Il me disait, je suis incapable de composer quoi que ce soit si je ne suis pas chez moi, sur mon île ». Impliqué dans la diffusion de la musique antillaise depuis de longues années, Eric Basset travaille avec Malavoi à partir de 1983. « Pour moi, ce groupe a été fondateur. Avant, je ne connaissais rien à la musique caribéenne. Paulo Rosine a été mon initiateur». Notamment à la musique cubaine, comme l’Orquesta Aragon, ou encore Guillermo Portabales, dont le leader de Malavoi était un fan absolu.
CD : "Malavoi en concert à la Cigale (avec Ralph Thamar)", 2007 / Aztec Musique – Discograph
Concert le 10 avril (20h30), avec Valery Louri et Soft. Paris, Grande Halle de la Villette. Festival Mizik Factory.
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