Livres de l’été indien : "La perte en héritage" de Kiran Desai

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Litterature - Actualité

L'Inde nous révèle enfin les trésors de sa culture. En cette fin d'été, nous vous présentons donc quelques-uns des meilleurs romans du sous-continent. Pour ce quatrième épisode, l'Inde se trouve autant à New York qu'au pied de l'Himalaya ...

Il ne faut pas toujours écouter sa mère. Kiran Desai a bien fait de ne pas suivre les conseils de la sienne, la romancière Anita Desai, lorsqu’elle tentait de la dissuader de suivre ses traces : La perte en héritage, son premier roman, a obtenu en 2006 le Man Booker Prize, l’une des récompenses littéraires les plus prestigieuses du monde anglophone.

 

Si Kiran Desai n’a pas écouté sa mère, elle l’a lu et cela se ressent dans ce texte. On y distingue également l’ombre d’un géant des lettres, Salman Rushdie, à qui la romancière adresse cette reconnaissance de dette : « Pour les romanciers indiens de ma génération, c'était l'auteur qui a libéré pas seulement la langage, mais aussi l’imaginaire. » Comme chez Rushdie, son style effervescent allège les scènes très réalistes – et parfois brutales – que vivent ses personnages, des Indiens éternellement à la recherche de leur place en ce monde, que ce soit chez eux ou à l’étranger …

 

La perte en héritage entremêle les vies très différentes de Biju, un immigré indien qui se cherche un destin dans les rues de New York, et de Sai, une Indienne qui a dû rejoindre son grand-père à Kalimpong, au pied de l’Himalaya. Dans cette maison étouffante, elle se sent devenir claustrophobe, d’autant plus qu’à l’extérieur un conflit entre Musulmans et Hindouistes prend de l’ampleur. Nandu, le cuisinier des lieux, s’évade en lisant les lettres de son fils, Biju, qui relate les souffrances d’un sans-papiers au pays des opportunités.

 

Alors que les médias décrivent une Inde triomphante, Kiran Desai brosse un portrait plus subtil, plus honnête du pays. Elle en parle comme d’ « un navire en perdition », ce qui pourrait également s’appliquer à Biju, dont les déboires prennent parfois un tour comique. Pour l’auteur, « l’Inde se trouve à New York, à Londres, à Toronto, autant qu’à Delhi ». Pour le prouver, elle nous prend par la main, nous entraîne entre les gratte-ciels à la rencontre de communautés méconnues …

 

 

 

Eloise Stevens & François Mauger

 

 

La perte en héritage de Kiran Desai, Editions des Deux Terres, 611 pages

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