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Camille : « Les tournées sont des catastrophes écologiques »
Au fil de son nouvel album, le beau et poétique Ilo Veyou, Camille laisse affleurer ses préoccupations environnementales, qui entrent parfois en conflit avec sa vie d’artiste.
Camille est une artiste engagée. Dans son nouvel album, "Ilo Veyou" sorti le 3 octobre 2011, elle montre que les problèmes environnementaux ne la laissent pas de marbre. Concernée, cette femme se préoccupe de la santé de Mère Nature, même si ses inquiétudes doivent rentrer en conflit avec sa vie de musicienne. Rencontre.
Quelle est la place des problématiques environnementales dans votre vie ?
Camille : on subit tous un rouleau compresseur médiatique, qui d’un côté nous pousse à consommer, de l’autre à nous inquiéter. C’est assez pervers. Je suis plutôt du côté de l’inquiétude, je me fais un peu bouffer par ça. Il faut que je me calme car il faut être positif. Je suis pour la décroissance, je suis très préoccupée.
Par quoi au juste ?
Camille : Je ne comprends pas à quel point on manque d’égard pour le vivant. en prendre soin nécessite pourtant assez peu d’argent, il suffirait d’une meilleure gestion des ressources. on cherche trop le profit et on en arrive à des aberrations. Ce qui s’est passé à Fukushima est consternant. J’ai l’impression de vivre dans de la science fiction. on reste très privilégié en occident, notamment par rapport aux pays où les gens souffrent de la faim, mais des maladies se développent à cause de toutes les merdes qu’on absorbeen permanence. on se dit parfois qu’il va falloir changer de planète, mais la nôtre est quand même la plus belle...
Quelles choses peuvent-elles être faites au quotidien ?
Camille : on essaye tous de faire des choses chaque jour, mais pour avoir l’impression que ces gestes individuels ont du sens, on a envie qu’à un moment il y ait un vrai élan collectif. Mais je ne sais pas qui peut donner ce mouvement. II faudrait que les consomma- teurs se mobilisent spontanément ou que les politiques s’en occupent, mais c’est très compliqué car ces derniers sont souvent très proches des industriels.
Ces problématiques ont-elles une incidence sur votre vie d’artiste ?
Camille : Les tournées sont des catastrophes écologiques, par exemple. Le chauffeur du bus doit se reposer la journée, donc il laisse la clim’ et le moteur allumé en permanence. Pour des soucis de rentabilité, on se retrouve à effectuer des parcours inconsidérés, genre La Rochelle-oslo-Bordeaux, pour caricaturer. C’est assez violent pour le corps d’être transbahuté tout le temps. Maintenant je fais gaffe, car je considère que mon corps est le premier écosystème dont je dois prendre soin. Je travaille avec ma voix, mon énergie et je ne peux pas me brancher sur un ampli. Aujourd’hui, je me dis qu’il y a peut-être des alternatives plus humaines, comme se poser davantage dans chaque ville. J’adore la vie nomade, mais il faut une juste mesure.
Quelles pourraient être les solutions ?
Camille : Je ne sais pas quels transports utiliser, il n’existe pas de tour bus hybrides, il faudrait se balader en roulotte. Quant aux hôtels, on défile dans une succession d’hôtels Accor au luxe bidon, avec des murs en carton pâte, des CoV [Composés organiques Volatils, souvent néfastes pour la santé] en veux-tu en-voilà, le Wi-Fi avec les grands écrans plasma... Je ne supporte plus ces hôtels. Je cherche des gites écologiques à proximité des salles de concerts. Ca coûtera peut-être moins cher et l’accueil sera certainement plus personnel.
Benjamin MiniMuM
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Commentaires
Si je peux aider Camille à trouver un hébergement respectueux de l'environnement pour ses tournées ou ses vacances dans l'hexagone, je vous propose d'aller faire un tour sur http://www.bio-organic-holidays.com vous trouverez certainement le lieu qui vous conviendra.
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