Les profits que l'on tire du café bu au Nord se déversent-ils facilement vers le Sud ? L'association de commerce équitable Alter Eco aimerait répondre par l'affirmative. Elle diffusera sa vision d'un monde plus juste le 7 juin, au Cabaret Sauvage.
Guy Konket : Il était une voix en Guadeloupe
Le 23 mai dernier, la Guadeloupe a appris la mort de Guy Konket, emblème d'un gwo ka revendicatif et puissant. Retour sur une vie exceptionnelle ...
C’était juste avant l’élection de François Mitterrand. Dans une arrière-cour de la place des Abbesses des percussionnistes cognaient dru. Et un type hurlait sa colère : Guy Konket ! Jeune punk, j’en avais les cheveux tout dressés sur la tête. Quel tambour de bouche ! Il était arrivé quelques années plus tôt à Paris, après avoir fait chavirer la Guadeloupe, l’île où il était né en 1944 à Baie-Mahaut. Là où ses racines plantées dans la canne et le ka lui donnèrent le jus pour s’inventer un futur. Ce sera la puissance fondamentale de Guy Konket, un chant habité des siècles de colonisation mentale, un cri qui va se révéler dans les rues de Pointe-à-Pitre. Le jeune rebelle se fait vite remarquer avec des titres : Assez Fait Cancan et sa rythmique latine, Ping Pong et son éructation primale, Baimbridge Chaud en référence au lycée où la jeunesse bouillonne… Et puis Gwadloup Malad, dont le titre se suffit. Plus tard, loin des siens, Konket affirmera sa personnalité au verbe tranché, une identité musicale hors norme qui va peu à peu s’étioler dans différents excès. Comme voici dix ans, défoncé avant de monter sur la scène du Théâtre des Arts de Pointe-à-Pitre. Et puis d’un coup, micro en main, il redevenait le terrible gueuleur de blues, une voix incomparable.
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