Festival Convivencia : « Nous renouons avec l’esprit de la fête populaire »

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Musique - Interview

Un festival embarqué sur une péniche ! S'il existait un concours d'originalité entre manifestations estivales, Convivencia aurait de fortes chances de l'emporter ... Avant que l'équipe ne largue les amarres, nous avons interrogé ses vaillantes marinières sur l'avenir des festivals …

Festival Convivencia : « Nous renouons avec l’esprit de la fête populaire »

S'il existait un concours d'originalité entre festivals, Convivencia aurait de fortes chances de l'emporter ! Si sa gratuité, sa radio et son caractère hautement écologique ne suffisaient pas à le distinguer, sa folle itinérance le long du Canal du Midi, entre la Haute-Garonne et les Bouches du Rhône, sans réel port d'attache, retiendrait l'attention du jury. Une fois de plus, la péniche est prête au départ. Nous avons interrogé ses vaillantes marinières sur l'avenir des festivals avant qu'elles ne larguent les amarres  …

 
 
Trouvez-vous qu'il est aujourd'hui … plus facile ou moins facile … à un festival de programmer des talents émergents ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï : Il est moins évident aujourd'hui de programmer des talents émergents sans programmer à côté des têtes d'affiche attirant du public.
 
 
Avez-vous observé une inflation de certains cachets ? Comment l'expliquez-vous ? Quelles sont ses conséquences ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï : Oui ceux des groupes phares. Ils sont souvent la condition de la haute fréquentation des manifestations. Cela crée une grande disparité entre eux et les autres, qui demandent souvent le même cachet depuis de nombreuses années. En conséquence, les négociations portent plus souvent sur les cachets des artistes moins connus.
 

Perdóname Luna de Las Migas, jeune groupe espagnol programmé pour l'édition de 2012
 
 
 
Dans quelle mesure est-il encore possible de proposer une programmation qui se distingue des autres ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï :En ce qui nous concerne, nous profitons de ce voyage en péniche pour nous intéresser aux musiciens des territoires traversés, tout en faisant du pont des péniches un lieu d'expression des cultures musicales du monde dans leur pluralité. 
 
 
Y a-t-il encore des formules à inventer pour faire d’un festival une vraie fête ou tout a-t-il déjà été tenté ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï : C'est une nécessité primordiale de réinventer une nouvelle forme à chaque édition, de travailler sur le développement des actions permettant d'aller chercher les publics où ils se trouvent. Cela sous-entend une multiplication et une diversification des partenariats avec les acteurs locaux, culturels, sociaux et de l'économie sociale et solidaire.
 
 
Moteur ou mouton ? Comment voyez-vous le public, comme un peuple d'aventuriers prêts à vous suivre dans vos expérimentations ou comme un groupe de consommateurs à la recherche d'une bonne affaire sans risque ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï : Le public du Festival Convivencia ne se retrouve pas dans ces deux définitions. Depuis le début, c'est le lien et le maillage qui sont au coeur du projet et la programmation est révélatrice de cela. Le public vient sur Convivencia par rejet de l'attitude consumériste, il vient également parce qu'il est certain d'écouter et de découvrir de la bonne musique, dans une ambiance chaleureuse. La gratuité, l'aménagement des sites permettent à tous de participer aux soirées conviviales dans une relation de proximité avec artistes et organisateurs. Cela permet de renouer avec l'esprit de la fête populaire.
 
 
Bénéficiez-vous du soutien de pouvoirs publics et est-ce, selon vous, un atout ou un danger ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï : De par sa dimension artistique, territoriale, et sociale, (la gratuité qui veut rendre la culture accessible à tous et sur tous les territoires urbains ou ruraux), le festival a toujours reçu le soutien des pouvoirs publics. Sans ce soutien, le festival ne pourrait exister. Par contre, cela demande un énorme travail de mise en coopération entre les décideurs locaux et nous afin que les compromis soient le moins en contradiction avec le projet.
 
 
Une question plus personnelle : parmi les artistes émergents que vous programmez, lequel souhaiteriez-vous le plus voir percer ?
 
Cécile Héraudeau et Anne-Marie Casadeï :Paamath, notamment pour sa qualité de travail artistique et son lien fort avec le public.
 
 
 
Paamath sur scène, en attendant son concert sur la péniche
 
Propos recueillis par François Mauger
 
 
Et aussi sur le web :
- le site du festival 
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