Eurovision : la face cachée du concours européen

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Média - Actualité

L’Eurovision, risible concours de chansons formatées, a lieu cette année en Azerbaïdjan. Pendant les performances pailletées des artistes, les opposants au régime d’Ilham Aliev tentent de détourner les projecteurs vers les atteintes à la liberté dans le pays .... 

Eurovision   la face cachee du concours europeen

Chorégraphies indescriptibles, chansons kitschissimes et costumes bariolés : l’Eurovision est, avec les mariages royaux, l’évènement d'un autre siècle le plus médiatisé en Europe. Mais, si les projecteurs sont tournés vers l’Azerbaïdjan, le pays hôte de cette 57ème édition, ils laissent dans l'ombre les militants des droits de l’homme, qui dénoncent les atteintes à la liberté dans le pays et accusent le gouvernement d’emprisonner les opposants au régime sur de fausses accusations. 

 

Dirigée d’une main de fer par la famille Aliev depuis presque 20 ans, cette ancienne république soviétique compte redorer son image grâce à la venue de l’Eurovision et la construction du Crystal Hall, une salle de concerts démesurée d’une valeur de 150 millions d’euros. Seulement, quatre jours hyper médiatisés ne suffisent pas à occulter les décennies de répression de l’opposition et de la liberté d’expression. 

 

 

Cette répression n’épargne d’ailleurs pas les artistes azerbaïdjanais, bien au contraire : la plupart sont désormais exilés. Le guitariste azerbaïdjanais Azer Cirtann, désormais résident des Pays-Bas dénonce la censure et la peur permanente dans son pays d’origine. Pour lui, quiconque ose exprimer son opinion, comme il le fait dans ses textes, encoure de grands risques. 

 

 

 

 

 

Vermisel interprété par Jamal Ali. En une semaine, la video a été vue plus de 30 000 fois.

 

 

 

Un autre artiste azerbaïdjanais, le rappeur et guitariste Jamal Ali a fui son pays le 16 mai 2012. Dans un entretien avec le Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l’homme, il explique que son bassiste et lui-même ont été torturés pendants deux jours par des agents de police, les visages recouverts de sacs et battus avec des matraques. La raison ? Ils ont participé à un concert lors d’un rassemblement contre le gouvernement en mars 2012. Dans son titre Vermisel, il décrit cette arrestation:  "J’ai été tabassé pour ce que j’ai dit / Poussé dans la voiture de police/ Ils nous ont montré sur AZTV [1ère chaîne gouvernementale] / Et nous ont traité de bandits / Quoi ? N’ais-je pas raison ? / Ma maison a été démolie / Je suis sans domicile, sans toit sur ma tête / Ais-je vraiment besoin de l’Eurovision maintenant ? "

 

 

 

Cette réalité du pays est loin de l’image lissée de l’Eurovision et les opposants profitent de la présence médiatique internationale pour soulever les questions de droits de l’homme. 

 

 

L’Union Européenne de Radio-Télevision (UER), productrice de l’Eurovision, est d’ailleurs très critiquée pour ne pas avoir abordé lors des ses émissions les conditions de vie en Azerbaïdjan. Plusieurs activistes ont même demandé un boycott du concours.  

 

 

Sans parler de complètement boycotter l’émission, l’Eurovision devrait peut-être penser à se reconnecter à la réalité …

 

 

 

 

Moriane Morellec

 

 

 

 

Et sur le web :

 

 

- Le site de l’Eurovision

- La chaîne Youtube officielle de l’Eurovision 

- Le site de Human Rights Watch

- Le site de l’Union Européenne de Radio Télévision

 

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