Elections : au Mexique aussi

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Politique - Actualité

 En juillet, les Mexicains aussi doivent choisir un nouveau président. Tour d'horizon des différentes formations en compétition et des musiciens qui les soutiennent ...

Elections   au Mexique aussi

2012, année politique ! On vote en France et dans plus d’une dizaine de nations : Palestine, Islande, Vénézuela, Etats-Unis d’Amérique, Ukraine, Mexique ... Dans ce dernier pays, les électeurs sont appelés à désigner un nouveau président en juillet. Les résultats de l’élection précédente avaient été contestables et le perdant, Andrés Manuel López Obrador, n’avait pas manqué de les contester. N’ayant obtenu que 0,5% de moins de voix que le candidat nommé, Felipe Calderon, il avait demandé que les votes soient recomptés. Il n’a jamais obtenu gain de cause. Ce nouveau scrutin sera-t-il sa revanche ? A bien regarder la réaction de la sphère culturelle (et, en particulier, des musiciens), rien n’est joué …   

 

Rares sont les artistes qui soutiennent le PAN, le parti au pouvoir, et l’actuel chef d’Etat, un catholique conservateur opposé à l'avortement, à l'euthanasie et au mariage homosexuel. Mais ces représentants d’une droite complexée, populiste, ne s’en soucient pas. Comme ailleurs, ils avouent sans honte leur inculture et leurs goûts simples. Ainsi, Felipe Calderon ne cherche pas à cacher son affection pour le romantisme excessivement moustachu du mariachi Pepe Aguilar.
 
 
 
 
 
Perdóname de Pepe Aguilar
 
 
 
 
Le PRI, qui a été le « parti unique » du Mexique pendant la majeure partie du vingtième siècle, dispose de plus de soutiens. Très affairiste, même s’il se situe au centre-droit et qu’il est membre de l’Internationale Socialiste, il a conservé ses entrées chez les principales chaînes de télévision et les majors du disque. Quelques stars de la variété s’exhibent donc à ses meetings.
 
 
Plus à gauche, le PRD, qui est dirigé par Andrés Manuel López Obrador, peut se vanter d’une politique culturelle plus ambitieuse. Dans ce domaine, le programme a fait l’objet d’un débat entre plusieurs intellectuels, dont la romancière et essayiste d'envergure internationale Elena Poniatowska, qui, malgré son âge, ferait une Ministre de la Culture plus que présentable. La mesure phare du projet ? Consacrer 1% du PIB à la culture. Du jamais vu au Mexique …
 
 
Andrés Manuel López Obrador (dont les plus pressés résument le nom à ses initiales : « AMLO ») peut compter sur le soutien d’artistes historiquement « de gauche », comme le vétéran Oscar Chavez, un musicien de la génération de la « nueva cancion », cette réponse latino-américaine au folk nord-américain des années 60. Plus surprenant : le flûtiste Horacio Franco, le nouveau maître du baroque mexicain, s’affiche également à ses côtés. Peut-être est-ce lié au statut d’icône gay de ce musicien dont les chemises froufroutantes s’ouvrent largement sur un torse de culturiste, le pouvoir actuellement en place étant notoirement homophobe … 
 
 
 
 
La sonata No. 2 de J.S. Bach par Horacio Franco
 
 
 
 
Pourtant, le politicien ne parvient pas à mobiliser les jeunes artistes qui étaient descendus dans la rue pour le défendre. En 2006, en effet, l’annonce de la très courte victoire de la droite avait fait l’effet d’un séisme. Pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, des citoyens ont occupé les principales places des grandes villes. Leurs rassemblements étaient animés par des musiciens de tous horizons, de Rastrillos, les champions du « razteca », le reggae aztèque, à des groupes de musique traditionnelle comme Nostalgia Huasteca. César Juárez-Joyner, l’un des membres de ce trio, se souvient : « Nous sommes allés jouer plusieurs après-midis pour soutenir les grèves et les manifestations. Nous chantions El gustito (« la joie »), un morceau traditionnel de la région du golfe du Mexique dont nous improvisions les paroles. C’était un chant d’espoir dédié à cette lutte collective ». Aujourd’hui, il affirme que son seul engagement est « en faveur de la musique et de la culture, qui sont fatiguées d’être exploitées à des fins politiques ». Pour lui, « 2006 a prouvé que l’organisation se fait au niveau populaire et collectif et c’est à ce niveau qu’il faut agir, non en soutenant les campagnes des hommes politiques ». Pour López Obrador, rien n’est donc gagné …
 
 
 
 
 
 
Pendejo des Rastrillos
 
 
 
 
 
 
 
El Potosino et El Gustito par Nostalgia Huasteca
 
 
 
 
François Mauger  

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