Cinéma : "Les Enfants de Belle Ville" d’Asghar Farhadi

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Cinéma - Actualité

Suite au succès mondial de "Une Séparation", l'Iranien Asghar Farhadi revient sur les écrans avec "Les Enfants de Belle Ville", un film inédit tourné en 2004. Un nouveau tableau des dysfonctionnements de la société iranienne... 

Cinéma : "Les Enfants de Belle Ville" d’Asghar Farhadi

Ca y est : le nom d’Asghar Farhadi est devenu bankable. Suite au succès public (plus de 969 000 entrées en France) et critique (Ours d'or à Berlin, Oscar, César et Golden Globes du Meilleur film Etranger... rien que ça) d'Une Séparation, le réalisateur iranien accède au panthéon de ces cinéastes qui n'ont plus à compter sur un bon bouche à oreille pour remplir les salles, attirer l'attention du public et assurer un accueil chaleureux dans la presse. En attendant que Farhadi commence son prochain métrage  - tournage prévu cet automne à Paris avec Marion Cotillard et Tahar Rahim (!) - le distributeur Memento Films continue sa petite leçon de rattrapage filmographique, entamée avec "La Fête du Feu" (2008) et "A Propos d'Elly"  (2009), et diffuse sur les écrans français  "Les Enfants de Belle Ville". 

 
Ce film tourné en 2004 évoque une procédure judiciaire méconnue et pourtant monnaie courante en Iran : le prix du sang. L'auteur d'un crime peut en effet se libérer de sa peine en proposant de payer une somme à la famille de la victime et obtenir ainsi son pardon. C'est ce qu'essaye de faire A'la pour son meilleur ami d'Akbar, condamné à mort, à l'aide de Firoozeh, la soeur du prisonnier. Mais le père de la victime n'est pas prêt d'accepter si facilement cet accord ...
 
 
 

 
 
Asghar Farhadi appartient à cette nouvelle vague de cinéastes dits « contestataires », peintres des dysfonctionnement de la société iranienne. Contrairement à ses confrères qui subissent les affres du gouvernement (une pensée pour Jafar Panahi condamné à six ans de prison...), Farhadi ne déclenche pas les colères de la censure politique et se montre moins virulent. Cependant, à travers cette histoire de prix du sang teintée de romance, Farhadi établit une radioscopie de la société iranienne : son système judiciaire, la structure familiale, les grands principes religieux, la vie de couple et, thème récurrent : la condition féminine. Au terme d'une mise en scène sans fioriture traduisant la volonté d'une objectivité discursive, s'élève une voix discrète mais assurée : celle d'un cinéaste qui favorise l'esprit critique de ses spectateurs à la frontale (et dangereuse) propagande.
 
 
Ravith Trinh
 
 
Un film de Asghar Farhadi (2004), avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian, Ahoo Kheradmand / Distribution : Memento Films / Durée : 1h41
 

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