Les traditions spectaculaires de sorties de masques et de tambours sont toujours très vivaces en Afrique. Dans le cadre du Festival de l’Imaginaire, la Maison des Cultures du Monde présente une sortie de masques des célèbres Dogon, au Mali. Le musée du quai Branly invite quant à lui les Maîtres tambours du Burundi.
Cinema: "Guilty of Romance" de Sono Sion
Dernier volet de sa "trilogie de la haine", "Guilty of Romance", du cinéaste japonais Sono Sion, explore avec réalisme et érotisme la question du désir féminin, au-delà des conventions sociales ...
Il y a trois types de cinéastes underground. Ceux qui s'adonnent à la provocation, tête baissée pour choquer et amuser l'audience. D'autres qui vont tenter de légitimer leur tas de tripaille par un discours plaqué et pas sincère pour un sou (ce sont les pires...). Restent ensuite les vrais malades, ceux qui gardent au quotidien cette souffrance et cette noirceur, considérant la caméra comme un exutoire vital. Sono Sion fait partie de cette dernière catégorie. Parce que le réalisateur japonais est intègre dans ses déviances, il parvient à manier avec une grande aisance les codes du film d'horreur et du film érotique au profit d'un regard critique sur la société japonaise et d'une réflexion pertinente sur la sexualité.
Très bel exemple avec son magnifique "Guilty of Romance". Dernier volet de sa "trilogie de la haine", ce film aussi survolté que surréaliste dresse le portrait de trois femmes (toutes formidablement incarnées par trois actrices à fleur de peau) : Izumi, une femme au foyer aux petits soins de son mari qui finit par s'adonner aux photos de charme et à la prostitution pour se réconcilier avec ses désirs. Mitsuko, un professeur d'université austère, brimée par sa famille, qui guidera Izumi dans l'univers des Love Hôtels. Et Kazuko, une policière enquêtant sur une sordide affaire de corps mutilés. A travers une mise en scène éclatée mais au final d'une très grande rigueur, Sono Sion livre une œuvre féministe qui questionne la définition même de la perversion. Car derrière les excès gore et l'érotisme agressif, Guilty of Romance se révèle dans un discours d'une grande pureté : celui de l'acceptation puis de l'affranchissement du désir, au-delà des conventions sociales. A réserver toutefois à un public averti.
Ravith Trinh
Un film de Sono Sion. Avec Megumi Kagurazaka, Miki Mizuno, Makoto Togashi, Kanji Tsuda...Durée : 1h52. Distribution : Zootrope Films.
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