Bob Dylan toujours dans la course au Prix Nobel

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Litterature - Actualité

Pour les Britanniques, le Prix Nobel de Littérature est l’occasion de pronostics quasiment hippiques. Bob Dylan a, selon les joueurs, ses chances mais est précédé ou talonné par d'immenses écrivains comme Haruki Murakami, Cormac McCarthy ou Adonis. Résultat des courses le 6 octobre ...

 

 

Qu’il ait emprunté pour son nouvel album le titre de la dernière pièce écrite par Shakespeare, The Tempest, n’y change rien : Bob Dylan reste dans la course … Pour les Britanniques, qui ont élevé le pari au rang de religion, le Prix Nobel de Littérature est en effet d’abord l’occasion de pronostics quasiment hippiques. L’ombrageux chanteur de Duluth, donné depuis longtemps comme outsider capable de créer la surprise, conserve donc une belle côte chez les bookmakers d’Outre-Manche : 10 contre 1.

 
Duquesne Whistle de Bob Dylan, extrait de Tempest
 
Il est cependant largement distancé par le grand favori. Le romancier japonais Haruki Murakami, qui, avec des pavés comme le récent 1Q84 ou Kafka sur le rivage, renouvelle l’art du roman tout en saluant ses prédécesseurs, est en effet donné à 5 contre 1.
 
Haruki Murakami
 
Non loin derrière galope Mo Yan, un romancier chinois au parcours peu commun : renvoyé de son école à onze ans lors de la Révolution culturelle, il a dû passer par l’armée pour se frayer un chemin dans la Chine post-maoïste mais n’a jamais renoncé à la liberté de ton qui fait le succès d’ouvrages comme Le Supplice du santal ou Beaux seins, belles fesses.
Le reste du peloton de tête est composé de Cees Nooteboom, le plus européen des polygraphes contemporains, qui partage son temps entre sa Hollande natale, l’Allemagne et l’Espagne, l’incontournable Ismail Kadaré, porte-étendard de la littérature albanaise, et Adonis. Ce poète syrien arrivera-t-il à se détacher dans la dernière ligne droite ? Son nom passait déjà de bouche en bouche l’année dernière, au lendemain du Printemps Arabe, mais sa position quant au conflit dans son pays – il a pris ses distances avec l’opposition et prône des réformes en douceur, sans rompre le dialogue avec Bachar al-Assad – risque de lui coûter le Prix.
 
Une fois de plus, l’équipe états-unienne tire la langue. Emmenée par les romancier Philip Roth et Cormac McCarthy, elle côte à 16 contre 1. L’équipe française, composée du poète Yves Bonnefoy et de l’auteur de Vendredi, Michel Tournier, a totalement décroché mais, contrairement à sa concurrente d’outre-Atlantique, elle a été récompensée récemment à travers J.M.G. Le Clézio.
 
De toute façon, ces côtes absurdes ne sont que des prévisions que le jury se fera un malin plaisir de démentir. L’académie suédoise adore en effet créer la surprise, comme l’année dernière, lorsqu’elle avait choisi de couronner Tomas Tranströmer, un poète scandinave jusqu’alors peu traduit. Elle a raison : la littérature a bien peu à voir avec la compétition …
 
François Mauger
 
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