Waldemar Bastos
Angolais vivant au Portugal, le guitariste chanteur enregistre en Amérique. Très populaire en Angola, il refuse toute compromission avec les figures politiques de son pays, préférant défendre des valeurs pacifistes et libertaires universelles.
L’histoire de Waldemar Bastos passe par l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Il est né en Angola, réside au Portugal et, s’il a enregistré son premier album au Brésil avec Chico Buarque, son dernier album est sorti sur Luaka Bop, le label US de David Byrne.
Du coup, sa musique porte les stigmates de ces trois continents et entre ses pratiques du zouk congolais, du folk angolais, du fado portugais et de la semba, ancêtre de la samba brésilienne, ce qui véritablement fait le lien, c’est la douceur de sa voix et son allègre jeu de guitare. La musique, Waldemar Bastos la pratique depuis ses sept ans, âge auquel il trouve plus amusant de triturer les touches d’un accordéon que les pédales d’une bicyclette. Son infirmier de père lui offre des cours de musique.
Lors de ces cours, il fait illusion, reproduisant les gammes à l’identique, mais, lorsque son professeur lui demande de lire les notes, il s’en avère bien incapable.Tout ce qu’il sait, il le doit à un don naturel. Mais entendons-nous bien, tout n’est pas que facilité et douceur de vivre dans l’univers de l’Angolais.
Au détour d’une mélodie baignée d’optimisme ou d’une chanson pacifiste, on ressent la douleur de l’exil de celui qui dût quitter son pays au début des années 80, peu après que les dirigeants angolais se mirent à exécuter des artistes opposants au régime.
Dix ans plus tard, quand Waldemar Bastos revient en Angola, il chante gratuitement pour 200 000 personnes et fait danser tout le monde, du président Dos Santos jusqu’à son opposant Jonas Savimbi, qui tentent, l’un et l’autre, de récupérer pour leur cause l’œuvre du chanteur ; mais celui-ci reste incorruptible.


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