Miguel Poveda
Jeune chanteur de flamenco talentueux, Miguel Poveda parcourt les festivals, inspiré à la fois par la tradition espagnole et par d'autres styles musicaux comme la rumba ou le tango.
Contrairement au stéréotype de la tradition ibérique, Miguel Poveda n'est ni andalou, ni gitan. Le "Cantaor" est né en 1973 à Badalona, près de Barcelone. 20 ans après, il obtient la reconnaissance internationale lorsqu’il est récompensé du prestigieux prix "Lampara Mineras" par le 33ème Festival de las Minas de la Union, en 1993. Il joue ensuite dans le film "La Teta y la Luna" de Bigas Luna, enregistre son premier disque "Viento del Este", et participe à de nombreux Festivals nationaux et internationaux.
Artiste innovant, mais respectueux de la tradition, il reprend l’héritage des vieux maîtres tout en apportant un souffle nouveau au "cante jondo". Un "cante jondo" intelligent et généreux qu’il domine à la perfection et dont il est l’un des meilleurs interprète de sa génération. Miguel Poveda ne délaisse pas pour autant les autres "palos" plus festifs du flamenco comme les bulerias et les tangos.
En 2000, il est nominé au Grammy latino pour son second disque "Suena Flamenco", sorti en 1998. Son expressivité est unanimement saluée par la critique : Miguel Poveda "a atteint une maîtrise du chant profond que la plupart des autres artistes de flamenco mettent une vie entière à obtenir.....Miguel Poveda est un payo, un non-gitan qui prouve que son chant poignant et délié égale celui, rugueux et écorché, des meilleures voix gitanes..." écrit El País. Cet Espagnol de 30 ans, bardé de prix internationaux poursuit une carrière fulgurante. A Barcelone, il présente "Flamenco en orchestra" aux côtés de Joan Albert Amargos et le brillant guitariste Chicuelo qui suit sa passion rageuse et tragique jusque dans ses silences. En 2001, il trouve le temps d’enregistrer Zaguan, une perle du flamenco contemporain.
En 2004, Miguel Poveda accepte le projet du compositeur Enric Palomar et interprète des textes de Rafaël Alberti, poète espagnol qui s’exila en argentine pour fuir le franquisme. "c’était un vrai défi pour moi (…) les registres allaient être complètement différents de ceux que j’emploie habituellement dans le flamenco(…) C’était difficile de chanter sur cette forme mélodique si disparate et si compliquée et si différente de celle que j’ai l’habitude d’employer" confie-t-il au magazine Flamenco-world. Sous le titre générique de "Poemas del exilio", on retrouve une sélection de poèmes extraits de deux livres qui correspondent au début de l’exil de Rafaël Alberti. Il y exprime le désespoir et son sentiment de déracinement, avant d’évoluer vers un optimisme visionnaire. "J’ai dû me mettre dans les pompes de quelqu’un qui doit fuir son pays frappé par la guerre" explique Miguel Poveda "cela me paraissait incroyable d’arriver à cela, ça m’a demandé beaucoup de travail". Incroyable, mais vrai : cette expérience est des plus réussie !
Au festival d’Arles 2004, accompagné de son fidèle guitariste Chicuelo, il présente une création avec le chanteur pakistanais Faiz Ali Faiz. Cette rencontre du flamenco et de la musique traditionnelle qawwali n’est pas sans rappeler les origines indo-pakistanaises de la musique flamenco gitane. Miguel Poveda ne cesse d’affirmer sa capacité à mélanger les styles et son ouverture sur le monde et les idées.
Prisca Djengué


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