Baaba Maal
Silhouette d'éternel adolescent gracieux, ce musicien sénégalais nous invite à un tour du monde. La musique de Baaba Maal, à forte base africaine, se joue des frontières et des styles.
L'Afrique à la croisée des chemins
Une voix haut perchée, chaleureuse, et des instrumentations délicates : la musique de Baaba Maal est à l'image du personnage. Tout à la fois gracile et recherchée, simple avec un zeste de sophistication. Et un sens du rythme étonnant.
Baaba Maal est né à Podor, une petite ville située au bord du fleuve Sénégal, aux confins de la Mauritanie. Dès l'adolescence, il intègre un groupe de 70 musiciens, Asly Fouta, où il apprend à jouer de divers instruments traditionnels. A peine sorti du lycée, il part en tournée à travers toute l'Afrique de l'Ouest avec Mansour Seck, un ami griot. Au fil des concerts, de villages en villages, il rencontre les anciens qui lui narrent l'histoire de la région et de sa musique.
Ethnomusicologue improvisé, Baaba Maal débarque un jour à Paris avec, dans les valises de sa mémoire, une grande partie des traditions de son pays. Dans la métropole occidentale, il s'imprègne des sonorités américano-européennes. Et c'est en musicien accompli, aux confluences des cultures, qu'il revient à Dakar. Là, il fonde son groupe Daande Lenol (la Voix du Peuple) et réalise son premier album Firin' in Fouta. Pour Nomad Soul, son dernier disque, Baaba Maal a fait appel à divers musiciens du monde : le quatuor vocal féminin Screaming Orpheans, venu d'Irlande, Robbie Shakespeare, le mythique bassiste du reggae 100% jamaïcain, et les immenses John Hassel (trompettiste) et Brian Eno, pionniers du rock et de la musique expérimentale. Et pour parfaire l'ambiance cosmopolite, Nomad Soul a été enregistré à Dakar, Kingston, Londres et New York. Dépaysement garanti.
En 2000, après une longue période de tournées, Baaba ressent le besoin de se recentrer et de retourner à la musique de ses débuts. Sous la direction de l'anglais John Leckie, en compagnie de ses plus fidèles musiciens et de quelques invités, dont le guitariste Kanté Manfila, le brésilien du groupe Da Lata Chris Franck, des membres du collectif Anglo-colombien Sidestepper et le London Community Gospel Choir, ils installent un studio mobile au milieu du petit village de Mbunk près de Toubab Dialaw au Sénégal. Les sessions qui ont lieu au clair de lune sont magiques et les bruits extérieurs (cris d'enfants, chants de criquets ou de coq) prennent naturellement leur place sur les bandes. Le disque est complété aux studios Real World et le résultat est somptueux. Pour la promotion de Missing you (Mi yeewnii) au printemps 2001, Baaba Maal donne une série de concerts acoustiques.
Durant la décennie suivante, il met son talent et sa notoriété au service de sa région. En 2005 il monte un festival 'Le blues du fleuve " à Podor pour valoriser le développement culturel et économique du Nord Sénégal. Il s’engage également dans le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en défendant ,à chaque fois qu’il a l’occasion de prendre la parole en public, les objectifs du millénaire (promotion d’actions visant l’éradication de la faim et de la pauvreté, la réduction de la mortalité enfantine, le combat contre le sida et d’autres maladies, mise en valeur de l’égalité des sexes, ou des causes environnementales…)


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