Après une absence de quatre années, Femi était revenu par un coup de maître en 2008 avec Day by Day. Africa for Africa lui ressemble comme deux gouttes d'eau, à une importante différence près : Day by Day avait été conçu à Paris, celui-ci l'a été à Lagos, dans l'historique studio Decca où Fela grava quelques œuvres immortelles et où Femi débuta sa carrière. Et la tension de la mégalopole nigériane innerve chacun des grooves de ce disque, certains parmi les plus frénétiques enfantés par Femi, comme "Politics in Africa" ou "Now i See", où l'enchevêtrement clavier/guitare et les riffs des cuivres libèrent des déflagrations semblables à celles de bombes incendiaires. Ses attaques contre la classe politique africaine, son absence de légitimité et la conséquence de son inanité sur le peuple ("Nobody Beg", "Bad Governement"), n'en ont que plus que d'urgence, même sur les morceaux lents, qui se consument d'un feu inextinguible (l'explicite morceau-titre). Un léger bémol : la présence de trois morceaux qui figuraient déjà sur le live Africa Shrine.