11 juillet 2001
Ca y est, nous connaissons les joies de faire un direct quotidien ET matinal pendant un festival qui se déroule dans un pays de fiesta. Ce matin, 10 minutes avant la prise d'antenne, aucun de nos invités n'était arrivé. Soudain, j'avise Maïté dans la cour… l'émission était sauvée ! Maïté est un monument arlésien, "4 fois 20 ans", comme elle le dit si coquettement. Manitas de Plata venait répéter dans sa cave, elle a ouvert la première galerie d'art à Arles en 1961 et aujourd'hui, elle sillonne le monde pour donner des conférences sur sa ville, vêtue de son costume d'arlésienne. Un personnage haut en couleur.
Une autre arlésienne lui a succédé : Karine Chiron, une jeune chanteuse provençale qui se produisait aujourd'hui lors de la sieste musicale, avec qui nous avons parlé de la culture et de la langue occitane. Avant de partir , elle nous a offert une chanson a cappella : jolie personne, joli cadeau.
Nous avons quitté ces 2 belles provençales pour aller retrouver un trio féminin, les Trio Maezah, composé d'une camerounaise, d'une antillaise et d'une togolaise. Partant de racines africaines, elles évoluent graduellement vers le gospel et ont éclairé de leur charme l'espace Van Gogh (un grand patio fleuri).
Malgré la canicule, Arles continue à fourmiller de reporters plus ou moins amateurs, mais tous enthousiastes. C'est l'effet Trans Radio.
L'après-midi, la majeure partie des festivaliers se retrouvent dans l'espace Van Gogh, non seulement pour se détendre lors des siestes musicales, mais aussi pour venir assister aux directs de Trans Radio. L'émission quotidienne des Fatche d'Eux attire toujours un nombre de curieux rigolards, attentifs aux élucubrations des 2 compères qui, ce jour-là, après une ravissante improvisation musicale avec Karine Chiron, ont encore tapé Benjamin MiNiMuM en direct.
Même lieu mais changement total d'ambiance, puisqu'à peine leur émission achevée débute le concert de Takht Thaqil, groupe marseillais/ arabo-andalou qui propose une musique aux parfums d'Orient, encore trop retenue mais d'une grande délicatesse.
A 19 h 30, nous émigrions vers la cour de l'archevêché où se tenait un spectacle controversé , d'une très grande pureté d'expression pour les uns, austères et neurasthéniques pour les autres. Les deux limousins Combi et Pouget présentent un tour de chants courageux. Clarinettes, hautbois, galets frottés, accordéon ou cornemuse se plient en quatre pour suivre les lignes brisées de la voix de Combi. Ses vers et ses mugissement sont souvent douloureux : les pommes de terre y croisent la mort , l'esprit tourmenté de Van Gogh n'est pas loin.
A 21h 30, Le Théâtre Antique ouvrait enfin ses portes pour la première fois du festival avec une affiche balkanique : Okay Temiz puis la Fanfare Ciocarlia.
Accompagné par trois joueurs de zurna et deux tambours, Okay a été grand. Combinant finesse et énergie avec une intelligence rare, le percussionniste génial a fait se lever les spectateurs dès les premières mesures. A la tradition populaire turque, il greffe sans heurt de purs moments de musique expérimentale. Sa virtuosité ne part jamais vers des choses hors de portée, et il reste toujours accessible. Son solo au bélimboa électrique nous a partagés entre l'admiration béate et une irrépressible envie de danser. Le parterre de danseurs grossissait à vue d'œil, dans une atmosphère de fête et de bonne humeur contagieuse. Sur scène, les musiciens s'en donnaient à cœur joie, émerveillés eux-mêmes de l'alchimie qui se créait avec le public.
Mais la fête a pris une ampleur encore plus importante lorsque la Fanfare Ciocarlia est montée sur scène. Très vite, les places assises se sont vidées et les spectateurs des gradins sont venus grossir la horde des danseurs. Des farandoles traversaient la foule, entraînées par la joyeuse -et infatigable- troupe tzigane. De temps à autre, surgissait une chanson traditionnelle que le public arlésien avait pu entendre en 1999, dans la version qu'en donne Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Répertoire parfois similaire mais énergies différentes. Autant Goran Bregovic est dans la -belle- mise en scène, autant la Fanfare Ciocarlia est aux antipodes du paraître. Qu'importe si leurs chemises font frémir les élégants, leur musique est emplie d'odeurs de cuisine, de sueur et de joie de vivre.
Leur plaisir était si évident et le public leur a réservé un tel succès que les membres de la Fanfare se sont laissé emporter par leur élan : dans la nuit, ils ont joué de façon tout à fait sauvage dans le jardin d'été. Une belle manière de saluer leur triomphe arlésien.
Magali Bergès
Interview de Karine Chiron
Interview de Guy Docavaco
 Une togolaise, une camerounaise et une martiniquaise : un joli panorama de la chanson africaine.
| |  Parti de Marseille, le Takht Taqil a caboté de port en port à travers la Méditerranée pour recueillir son répertoire.
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 Devant la boutique des passionnés, Okay Temiz et ses compères nous ont mis l'eau à la bouche.
| |  Combi et Pouget : l'Occitanie vu par deux limousins proches de la terre.
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 Okay Temiz, impérial sur la scène du théâtre Antique.
| |  Des tambours traditionnels qui décollent vers des cieux où Jazz et folklore fusionnent avec génie.
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 La Fanfare Ciocarlia a déchaîné le public.
| |  Une musique authentique, des artistes qui vivent pleinement l'instant.
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