Arles / 10-16 juillet 2000
Serait-ce l'été ? Si la météo permet de se le demander, la programmation des Suds balaie tous les doutes. Dans les milliers de petits prospectus qui annoncent le programme, il fait résolument beau.
Interview vidéo de Paco El Lobo au festival Les Suds à Arles 2000
VIDEO
Paco El Lobo au festival Les Suds à Arles 2000
VIDEO
Guylaine Renaud, Paco El Lobo et les Fatche d'Eux au festival Les Suds à Arles 2000
16 juillet 2000
Tous les ans le festival Les Suds se termine extra-muros à Salin-de-Giraud. Ceux qui ne se sont pas usés au dernier after " Racines Electroniques " de la veille animé par Mini D.J. peuvent assister à 11h00 à un dernier concert à l'église de Bacarin, cette fois ce fut " Les chants du riz ", déjà programmés le mardi à l'archevêché. Ensuite nous sommes conviés à prendre l'apéro en dégustant la tellinade, délicieuse préparation de coquillages locaux (avec ou sans mayonnaise, ail incontournable), suivit d'un déjeuner très culture locale : " Gardiane ", ragoût de taureau avec riz camarguais. Le tout, bien sûr, accompagné de quelques performances musicales, la Plasticofanfare est là ainsi que les Fatche d'Eux, mais il y a aussi les Paillasses et Poum-Psa qui en dignes représentants de l'importante communauté grecque de la petite ville nous font découvrir leur rebetiko. Ce dernier jour des Suds est un sas de décompression nécessaire, car une journée entière n'est pas de trop pour parvenir à se dire au-revoir après les belles aventures humaines et artistiques qui se sont succédées tout au long de la semaine. La 5ème édition de ce festival nous a porté particulièrement haut. Mention spéciale, tout d'abord, à la qualité de la programmation qui a su alterner découvertes (voire re-découvertes), artistes en ascension et têtes d'affiche tout en instaurant un rythme, une épine dorsale à l'ensemble de la semaine. Les résultats en sont palpables, tant au regard du succès public (salles combles quasiment tous les soirs) que des retombées médiatiques (2 articles dans Le Monde, 3 dans Libération, reportages sur France Inter, RFI…). Sans compter le travail réalisé par Mondomix et par " Télé Fatche ", média concurrent et hilarant créé en cours de festival par ces allumés de Fatche d'Eux. Les souvenirs délicieux fourmillent d'anecdotes et de moments forts. Paco El Lobo nous a confié que la veille, au petit déjeuner, il s'est trouvé face à Faytinga, qui logeait dans le même hôtel. Incapable de trouver les mots (la chanteuse ne parle qu'Erythréen) il s'est alors lancé dans un chant flamenco. Et Faytinga a immédiatement improvisé avec lui. Ils étaient là, au milieu de la salle du petit déjeuner, chantant au-dessus d'une tasse de café en se regardant droit dans les yeux sous le regard bienveillant du père de Faytinga. A Salin, rituellement après le repas, une partie des convives part à la mer tandis que l'autre se dirige vers la terrasse ombragée du Café des Sports. Dans cette seconde équipe, on peut forcément compter sur les Fatche d'Eux, leurs boules de pétanque, leur guitare et leur accordéon. Cette année ils ont été rejoint par Paco El Lobo et Guylaine Renaud. Nous étions là, tranquillement assis à rigoler avec Marie José Justamond (directrice du festival) lorsqu'est arrivée une voiture bruyante et branlante. A son bord, Maryam Chemirani, revenue exprès de Marseille pour passer ce dernier jour avec nous tous. Car la grande réussite de ce festival est avant tout humaine. La plupart des personnes qui n'ont passé qu'une journée à Arles en sont reparties à regret ; les sponsors qui ne devaient rester que 2 ou 3 jours sont restés jusqu'à la fin des festivités (mais alors vraiment jusqu'à la fin). Quant aux artistes, il se forme un noyau de fidèles (Dupain, Paco El Lobo, Manu Théron.. et bien sûr les Fatche d'Eux) qui loin de squatter les scènes, proposent de nouvelles aventures chaque année. Alors mille mercis à l'équipe du festival " au grand complet " pour ces Suds magnifiques.
Benjamin MiNiMuM et Magali Bergès
Le dernier after des Suds, orchestré par MiNi. D.J. s'est déroulé sous le signe des racines électroniques
Les paillasses revisitent en fanfare et avec humour des chansons de Brassens ou des tubes comme " Don't cry for me Argentina " ou " Porque te vas "
Les tellines sont les coquillages camarguais par excellence et la tellinade un moment inoubliable
Au café des sports, après le repas, les musiciens improvisent pour la plus grande joie de tous (Ici de droite à gauche Maryam Chemirani et son fils, Guylaine Renaud, Alain des Fatche d'Eux et Paco el Lobo)
Paco El Lobo un gitan et sa guitare ne reste jamais longtemps inactifs
Salin de Giraud possède une forte communauté grecque