Au pays du raï
Alors que le king du raï, Khaled, sort un nouvel album, que Mami s’est retiré de la scène pour de sombres affaires personnelles, que Faudel se mord les doigts d’avoir chanté pour Sarkozy et que tous les chebs (« jeunes ») ont les cheveux gris, comment va le raï en Algérie ? Pour répondre à cette vaste question, direction Oran, berceau du raï, pour un raid musical contrasté.
Inutile de présenter Khaled, le roi du raï, toujours autant apprécié en Algérie. Mais avant d’être la star internationale aux tempes grisonnantes que l’on connaît, Khaled a été Cheb, le « jeune », qui séchait le lycée et traînait dans les cabarets, là où le raï est né au début des années 80. A presque 50 ans, il revit dans l’interview ci-dessous l’ambiance déjantée des cabarets de l’époque : Alcool, filles et parfum de liberté.
C’est en effet au Casino, à la Bagatelle ou au Biarritz que le tout jeune Khaled comprend que le raï, c’est avant tout de l’improvisation, et surtout la vie comme elle va… (cf. aussi le retour de Khaled)
« Cheikha Rimitti chantait qu’un corps doit se rapprocher d’un autre corps… »
Cheikh Mekki Nouna est un vieux poète et chanteur d’Oran. Un jour de grosse pluie, il raconte au débotté l’histoire du raï bédouin, ses thèmes et ses codes. Ce raï « rural » est arrivé dans les vieux cabarets d’oran, dans les mariages
Cheikh Mekki Nouna a aussi été l’animateur de Cheikha Rimitti pendant dix-sept ans. Il revient sur les débuts de la doyenne du raï, son raï « hard » et dévoile les trucs et astuces d’un bon animateur, ou comment faire débourser le plus d’invités possible dans un mariage !
Boualem de Disco Maghreb est une institution à Oran. Au début des années 80, il a eu le flair de sortir la première cassette de Cheb Mami et de faire émerger les « cheb » et les « chebba », toute une génération de jeunes artistes… Très bon « business » pendant plus de vingt ans, le raï rapporte beaucoup moins aujourd’hui… Depuis un an, les affaires de Boualem sont en effet au point mort. Le piratage menace son activité de producteur et c’est toute la filière du disque en Algérie qui est fragilisée. Plus largement, bien sûr, le raï en prend un coup. Les éditeurs ne veulent plus prendre le risque d’éditer de nouveaux talents et les artistes ne vivent de leur musique que dans les cabarets et des galas.