Paris / mars-avril 2000
Concentré de joie de vivre, de fête, d'énergie et de bonne humeur, les soirées " Postonove " sont en passe de devenir un des rendez-vous à ne rater sous aucun prétexte.
Le Trio Nordestino lors d'une soirée Postonove en 2000
Mars 2000
Concentré de joie de vivre, de fête, d'énergie et de bonne humeur les soirées " Postonove " sont en passe de devenir un des rendez vous à ne rater sous aucun prétexte. A la fois parisien et à mille lieus de tout parisianisme, cet événement a été monté par une bande de copains (une vraie bande et de vrais copains, il n'y a qu'à les voir ensembles) brésiliens ou amoureux du Brésil. Des gens rigolos, ouverts, chaleureux et sympathiques qui savent ce que " faire la fête " veut dire. Et ils ne plaisantent pas avec ça. Tous les derniers vendredi du mois, c'est la même histoire : vers 22 heures, les post novés investissent l'Elysée Montmartre. Vite, car ils n'ont que 2 heures pour préparer la salle, chacun s'affaire. Certains passent le balai, d'autres vérifient la liste des invités avec le service d'ordre, d'autres encore installent les platines des Dj's avant d'aller accrocher des éléments décoratifs en haut des piliers. Le mois dernier, un type en short bariolé avec une coiffe de chef indien tendait des fils où séchaient du linge de part et d'autre du plafond. Car bien sûr, comme il n'y a pas de temps mort, chacun est déjà costumé (ah oui !… déguisements et accoutrements bizarres sont les bienvenus). Puis (généralement à H moins 30 minutes) la battucada se met à répéter. Car le rituel post novein veut que chaque soirée commence par une battucada d'enfer, histoire de mettre tout le monde en jambe. Et tandis que les tambours jouent sur la piste au milieu du public, les organisateurs de la soirée montent sur scène pour danser et faire les cons (mention spéciale à Jérôme Pigeon qui le mois dernier arborait une splendide combinaison de pompiste lui arrivant à mi-cuisse, laissant une bonne partie de la jambe et du mollet à l'air. Ravissant). Autre moment important du rituel post novein : le cercle. Quelques minutes avant l'ouverture des portes, un coup de sifflet rassemble tous ceux qui participent aux préparatifs. Chacun laisse immédiatement tomber ce qu'il (ou elle) était en train de faire pour se joindre à la grande ronde centrale. Un tour, deux tours puis tout le monde se précipite vers le centre en criant et en levant les bras. Ca donne un truc sympathique, à mi chemin entre la cour de récréation et la mêlée de rugby. Mais au-delà des soirées réussies, la grande force de Postonove réside dans sa programmation : chaque mois, sont invités des artistes brésiliens. En février c'était les " Zuco 103 ", fer de lance de la nouvelle génération. En mars nous sommes partis à l'opposé avec le " Trio Nordestino ", une formation qui a fait danser plusieurs générations. Du trio de base, il ne reste plus qu'un musicien le patriarche du groupe. Mais à ses côtés joue le fils d'un de ses compadre des débuts. Leur musique est à la fois sans âge et terriblement datée. Basée sur des rengaines populaires (que tous les brésiliens connaissent par coeur, surtout ceux du Nordeste), les airs semblent irrémédiablement orchestrés de la même manière, depuis des lustres. Résultat, on assiste au même phénomène qui toucha le style Guinguette et l'accordéon en France à la fin des années 80 : ce qui hier encore paraissait ringard est en train de devenir branché. Humant l'air du temps sans opportunisme, les soirées Postonove sont fondées sur 3 principes : partager, s'amuser et découvrir. Le tout sans se prendre au sérieux. Mettre au four et savourer 1 fois par mois.
Magali Bergès
Prochain rendez-vous le 21 avril à l'Elysée Montmartre à partir de 23h00 avec David et Gavin de Mr Bongo (GB).