Avril 2000
H moins une demie heure : les balais et les serpillères ont mis le turbo. Ce soir l'enjeu était particulièrement élevé pour Postnove puisque le 21 avril 2000 le Brésil fêtait ses 500 ans. Dès minuit moins le quart, sur le trottoir le public commence à s'amonceller tandis qu'à l'interieur, on se hâte de terminer la mise en place de la soirée.
Les garçons escladent les piliers de la salle pour y accrocher les vêtements en ribambelle (le linge qui sèche, grand clasique de la décoration Postonovéenne). Sur scène, on s'active à arrimer une banderole "Greenpeace" au stand du Dj, au milieu des guirlandes d'ampoules électriques (eh, dites!... l'électricité en France , ça fonctionne au Nucléaire non ?).La batucada arrive en pièces détachées, certains traversant la salle du pas nonchalant de ceux qui sont en terrain conquis, d'autres soufflant et transpirant en transportant leurs lourds tambours. Dans un coin, les militants de Greenpeace installent leur stand.
Vite, vite, la ronde rituelle de l'équipe, histoire de canaliser les bonnes énergies et on ouvre les portes. Sur l'écran géant en tissu blanc qui descend du plafond, des extraits de films s'agitent. Carmen Miranda danse en noir et blanc alors que les premiers fêtards entrent.
Ce soir, le menu est plus diversifié que d'habitude : au programme, projection d'un moyen métrage excellent montrant les nouveaux mixages entre rap et samba puis la prestation incongrue d'un danseur contemporain. Le public venu pour danser et faire la fête accorde pourtant une attention polie à l'homme au crâne rasé vêtu d'un string qui évolue sur scène tel un oiseau du cinéma expressioniste.
Des roulements de tambours éclatent et la foule s'écarte en dansant : voici la batucada. C'est désormais un rituel et le public pousse des cris de joie lorsque les joueurs entonnent certains rythmes. Au fur et à mesure, les danseurs se déchaînent et lorsque la batucada (exténuée tant les percussionnistesse sont donnés) s'arrête une véritable ovation la salue.
C'est dans une salle surchauffée -en dépit de la température extérieure relativement basse- que le groupe Arakutuba monte sur scène. Poulains du célèbre Mr Bongo (qui vient de les signer sur son label) les musiciens sont menés par Bosco, un brésilien installé à Londres depuis plus de 15 ans. Mélange de jazz et de MPB, Arakatuba flirte avec un feeling groove, tendance easy listening par instant. Ca swingue, ça chaloupe et l'Elysée Montmartre bascule doucement, mais sûrement, vers une nuit entière de fête. Ce genre de nuits où les montres n'ont plus d'importance, où on ne regarde plus l'heure. Et quand vient le matin, on est presque surpris par les lueurs de l'aube. "Quoi ! il est déjà 6 heures !". C'est ça la magie Postonove. Une telle bonne humeur et une telle énergie se dégage de leurs soirées qu'on est presque prêt à repartir pour un tour de cadran.
Magali Bergès

Des extraits de films s'agitent....

tandis qu'un danseur entame
une danse tel un oiseau de
cinéma expressioniste

Le rituel tant attendu des soirées
Postonove : la batucada...

... qui enflamment à l'unisson
joueurs et public

Bonne humeur et énergie, c'est
ça la magie Postonove !
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