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Le Hip Hop

à travers le monde
A l'occasion du retour du légendaire Dj américain Grandmaster Flash après 20 ans d'absence, Mondomix vous invite à faire un petit tour du monde de la planète Hip hop. Des quartiers de Détroit aux palais saoudiens en passant par Bamako, le hip hop est devenu un langage universel.

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à travers le monde
A l'occasion du retour du légendaire Dj américain Grandmaster Flash après 20 ans d'absence, Mondomix vous invite à faire un petit tour du monde de la planète Hip hop. Des quartiers de Détroit aux palais saoudiens en passant par Bamako, le hip hop est devenu un langage universel.




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Sur la toile


La réalité hip-hop traverse l'Afrique de l'Ouest, le Japon, les pays nordiques et les terres hispanophones. Découverte en images, grâce au regard aiguisé de réalisateurs et de documentaristes sur le monde des rappeurs.

Les prémices de cette culture naissent dans le Bronx, quartier new-yorkais, où nous plongent Charlie Ahearn et son film "Wild Style" alors que le légendaire Grandmaster Flash affine encore son doigté de scratcheur. Quelques années avant qu'Hollywood ne déverse sa flopée de grosses productions sur le sujet, ce long-métrage fait date dans l'histoire du mouvement. Réalisé au début des années 80 avec un tout petit budget, le film fait le focus sur la créativité de la culture rap. Reconnu et considéré par les rédacteurs de The Source en 2000, c'est l'unique docu-fiction à avoir capté l'atmosphère de l’époque : b-boys (breakdancer boys), parties et clashes, révélant toute la génération de Grandmaster Flash, dans toute la splendeur de son effervescence brute et crue. Tout commence en 1977, lorsque Charlie Ahearn entre en contact avec la culture hip-hop par l'intermédiaire du grapheur Fab 5 Freddy et décide de tourner un reportage sur ce thème, contribuant au succès que l'on connaît du graph' et du break. Punk blanc, Charlie est invité par Busy Bee à un concert. Il parvient à réunir un bon nombre de contacts pour son casting, dépourvu de véritables acteurs, à l'exception de Fab 5 Freddy.

L’intrigue, délibérément rudimentaire, raconte l’histoire d’amour fictive de deux grapheurs du moment : celle de Zoro, incarné par le Portoricain Lee Quinones, et Sarah « pink » Fabara. Le réalisateur accorde de longues séquences aux rappeurs Busy Bee, Cold Crush brothers, Double trouble et Fantastic Freaks, tandis que les DJs Grandmixer D. S. T., Grandmaster Flash et DJ Theodore font leur premières apparitions à l’écran.

 Busy Bee et Cold Crush Brothers dans Wild Style 1983


Jusqu'alors considéré comme un simple effet sonore, le scratch, et du même coup le scratcheur, acquiert ses lettres de noblesse grâce au cinéma. En combinant ses compétences électroniques et son agilité manuelle, Flash met trois ans à parfaire sa technique qui consiste à faire aller et venir un vinyle sous un diamant pour produire un effet percussif et à pouvoir livrer ce genre de séance privé.

// Hip-hop dakarois
Vingt ans plus tard, le rap revêt un tout autre visage. D'abord parce qu'il s'est hissé au rang des cultures de masse. Ensuite parce qu'il s'est transporté, sans souci de frontières ni de contextes sociaux. Au Sénégal, le hip-hop s'exprime encore souvent à travers une certaine fascination pour l'occident et tout particulièrement à Dakar, le rap "galsen" est un savant mélange de mimétismes entre rap U. S., rap français et la tradition africaine. Récemment diffusé sur France Ô et projeté au festival Le mois du film documentaire en 2008, "Get on Dakar !" réalisé par Sophie Perrin, rend compte des perspectives qu'offre le rap à la jeunesse locale. Depuis son départ pour Paris en 1999, le jeune rappeur Madeo s'est accompli. Membre de Ben'Bop avec Kadou, son acolyte de No Bluff Sound, le groupe a bénéficié des talents du violoniste de Louise Attaque, Arnaud Samuel, pour donner une consonnance rock à la croisée des inspirations sénégalaises des deux rappeurs. Au retour de Madeo, se déroule une scène dakaroise prolifique où la jeunesse exprime plus que jamais ses aspirations au changement.

Get on Dakar
 
// Cap sur le Grand nord 
Changement de latitude oblige, l'ambiance des rappeurs suédois est toute autre. Parmi la scène suèdoise, qui n'en est pas moins florissante, Grandmaster Flash a repéré le groupe Afasi & Filthy et a invité l'un de ses membres a rapper sur le titre "We speak hip-hop" dans "The Bridge". Le label suèdois Border Blaster aussi a sorti un album et un DVD intitulé "Hip hop Invasion", distribué en France par Wagram. Témoignage du potentiel du rap scandinave à s'exporter sur la scène européenne. Parmi lesquels le bling-bling Lazee et son clip "Rock Away" qui a directement intégré le top ten de la chaîne MTV France.
Clip de Glider d'Afasi et Filthy
 
//Rap nippon : Scratching the surface
Du côté de la scène nippone le ton est underground. En contre-point à la musique commerciale qui domine le marché, "Scratching The Surface : Japan" réalisé par Suridh Hassan et Ryo Sanada et produit par Kwai-Lo Production en 2004, présente la face indépendante du mouvement japonais.

 

 

//Rap paradoxal à Cuba
La jeunesse cubaine se réveille d'une profonde hypnose. Tiraillée entre la production artistique du géant nord-américain qui s'échange sous le manteau et sa propre culture typiquement rumba, Cuba est devenu le terreau d'une expression hip-hop très singulière, pas forcément subversive. Pourtant bridée par la censure du régime castriste, le territoire a connu l'éclosion d'une multitude de groupes de rap comme en témoigne le documentaire "Havana hip-hop underground" réalisé par Yves Billon en 2005. L'île n'en est pas à un paradoxe près : lorsqu'un autochtone explique que les grapheurs sont contraints d'obtenir des autorisations dès qu'ils veulent oeuvrer, dans la mesure où "ils critiquent la politique du pays" , on peut simultanément entendre scander : "Révolution tu es belle, tu as promis et accompli tes devoirs..."

 

Havana hip-hop underground, 2005

 


A ses amis du régime, Castro avait dédié une organisation en 2002 : l'Agence gouvernemental du rap. Il y voyait un vecteur avant-gardiste de promotion du socialisme. Mais tout le monde n'est pas de cet avis et certains gardent le sens de la polémique. Los Aldeanos (les villageois) sont les représentants les plus connus du rap anti-castriste. L'un des membres du groupe, El Aldeano, chante "Che che".
 
Charlotte Grabli
 

 




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