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Les Orientales 2001

Saint Florent le Vieil / 22 juin-1er juillet 2001
Rarissime rendez-vous festifs consacrés aux musiques et danses traditionnelles d'Orient, le festival de Saint Florent le Vieil invite à de merveilleux voyages immobiles.




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Bayarbaatar Davaasuren au festival Les Orientales 2001

Mongolie


Bayarbaatar Davaasuren
Chant "Khöömii" et Vièle Cheval

Jeune musicien, chanteur et danseur de Mongolie, Bayarbaatar Davaasuren s'est révélé l'un des artistes les plus impressionnants de la programmation des Orientales 2001. Répercutées dans la vaste nef de l'Abbatiale illuminée par les tons doux des vitraux aux lueurs du couchant, les harmoniques de son chant "khöömii" (ou xöömij selon la notation scientifique) ont saisi l'assistance dès les premières notes. Cet étrange et mélodieux écho suspendu hors du temps et de l'espace marquera durablement les mémoires de ceux qui découvraient à cet instant l'impressionnante technique du chant diphonique.

Originaire d'une famille nomade de cette partie de l'Altaï qui épouse la pointe occidentale du désert de Gobi, Bayarbaatar passe sa jeunesse à nomadiser avec sa famille d'éleveurs de chevaux, de chameaux, de chèvres et de moutons. Il va ensuite à l'école, puis poursuit son parcours de découverte musicale et vocale en gagnant la capitale, Oulan-Bator (ou Ulanbaataar).

"Les chants mongols comme le chant long, "urtyn duu", sont pour la plupart basés sur une poésie de contemplation, une poésie pastorale généralement liée au troupeau dans l'immensité de la steppe, explique Hubert Meyer, fervent adepte de la Mongolie et de ses secrets qui accompagne Bayarbaatar. Celle-ci est toujours rattachée à des sentiments d'amour et de reconnaissance par rapport à la force et à la beauté qui entourent les Mongols."

Le cheval est intimement associé à l'art du chant khöömii. Non seulement il est l'inspirateur de nombreuses poésies chantées, mais il est aussi pleinement présent dans l'instrument qui les accompagne, la vièle cheval "morin-khuur". Ses cordes et son archet étaient à l'origine fabriqués en crin de cheval ; l'extrémité de son manche est sculptée en forme de tête de cheval. "Comme les cordes vocales dans le khöömii, cette vièle à deux cordes produit des harmoniques lorsque l'archet vient les caresser, dit Hubert Meyer, illustrant les mots mongols de Bayarbaataar. A partir d'un son fondamental, des harmoniques s'élèvent formant une mélodie. Il y a donc un lien très puissant entre l'instrument et la voix."

Quand on lui demande d'expliquer ce qui différencie le chant khöömii de Touva de celui de Mongolie, Bayarbaataar explique, mimant avec sa voix : "Le chant de gorge de Touva est assez semblable à celui de Mongolie, mais assez différent aussi. Le répertoire touva a toujours une structure rythmique plus courte et plus enlevée, qui rappelle le trot ou le galop du cheval. Celle du chant mongol est plutôt en relation avec l'étendu de la steppe, quelque chose de très lisse, que l'on ressent dans l'amplitude de l'archet, dans la couleur de chaque harmonique développée. " Et lorsqu'on lui demande si le chant khöömii mongol sert à communiquer avec les esprits de la steppe, de la terre, avec les forces de la nature, sa réponse est sans ambiguïté : "Oui, l'inspiration du khöömii vient avant tout des éléments. C'est un dialogue avec le monde vivant qui nous entoure… Avec le ciel, la terre, avec le tout… Toute la palette des sentiments s'exprime à travers ce chant."

François Bensignor

 

Bayarbaatar Davaasuren
De la voix de Bayarbaataar
surgissent les steppes mongoles
Masque mongol
Masque mongol

 

Bayarbaataar Davaasuren
Bayarbaataar Davaasuren est
aussi un danseur réputé
Masque mongol
Masque mongol


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