Langon / 01-05 août 2001
Le show est méga-humain et le public accède au bonheur. Le concert de Manu Chao est un somptueux cadeau d'anniversaire pour le festival de Langon.
Michel Macias au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001
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Narendra Bataju au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001
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Fabulous Trobadors au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001
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Emir Kusturica au festival Les Nuits atypiques de Langon 2001
5 août 2001
En France un dimanche digne de ce nom commence par l'apéro, celui-ci se déguste en fanfare, grâce à l'inépuisable énergie festive des roumains de Ciocarlia. Après le repas, les festivaliers ont rendez-vous avec les paroles d'artistes de la délicieuse Luzmila Carpio, ses chants d'oiseaux andins et son amour de la nature.
Il faut savoir avouer ses faiblesses, et nous ne vous ferons pas croire que le concert du guitariste argentin, Pablo Marquez, fut inoubliable, car lorsque nous pénétrons la cour des Arcades, les fiévreux applaudissements d'après rappels s'estompent.
Par contre, nous constatons de visu la formidable force centrifuge de l'accordéoniste girondin Michel Macias et de sa bande. Valses, biguines, rondeaux et rythmes balkaniques n'ont plus aucun secret pour eux et le village se métamorphose en un claquement de doigts en bal pastoral. Les Arcades nous proposent une toute autre énergie. Le joueur de sitar népalais Narendra Bataju nous entraîne dans une sensuelle méditation forcément spirituelle. Ayant perdu il y a deux ans son joueur de tablas favori, il se produit maintenant avec un jeune européen qui, s'il n'est pas totalement semé par les arabesques, reste un peu à la traîne, mais le concert n'en est pas moins magique.
Romano Drom, les tsiganes olahs de Hongrie sortent leur batterie de cuisine, (pots à laits et cuillères) pour rythmer cette fin d'après-midi. Décidément, le village a aujourd'hui rendez-vous avec la danse et la fête continue jusqu'au passage de l'inévitable Fanfare Ciocarlia qui, une nouvelle fois, conduit le public à l'ivresse.
Les fans toulousains des Fabulous Trobadors ont investit les premiers rangs de la grande scène de la Mosquée. Ils reprennent les chansons quand ils ne devancent pas les intentions de l'excellent duo. La bonne humeur est de rigueur mais leurs messages ne sont pas non plus dénués d'intérêt. "L'accent", par exemple, est une chanson qui démontre comment les couleurs différentes dues aux différences de prononciations des mêmes mots enrichissent la langue et le pays. Arabes, Corses, Occitans, Africains, Bretons, canadiens, la France vous doit plus qu'elle ne veut bien le reconnaître. A part ça, l'étude de la musique des Fabulous Trobadors devrait rentrer dans les programmes des écoles de rap pour démontrer aux jeunes pousses combien il est important d'être sincère avec soi-même. Accepter ses particularismes régionaux ou de personnalités fait vraiment la différence avec le tout venant. Angel B en prof de rime c'est autre chose qu'Eminem.
Dans le No Smoking Orchestra, le rôle d'Emir Kusturica se résume par une mise en scène digne de ses films et une présence emblématique. Musicalement, ses interventions restent basiques. De sa guitare il extrait le fameux riff nommé "Unza Unza", soit l'équivalent d'une première leçon de guitare rythmique, et quelques références cinématographiques ou rock'n'rollesques, lignes mélodiques d' "Il était une fois dans l'Ouest", ou du tube de Deep Purple "Smoke on the Water". Au premier soir, Manu Chao arborait le maillot d'une équipe de football brésilienne, le génial réalisateur yougoslave boucle la boucle en arpentant la scène, sa massive silhouette moulée dans le maillot du mythique butteur Argentin Maradona. Exceptées la présence et l'amusante scénographie de Kusturica, la prestation du No Smoking Orchestra vaut pour la formidable énergie de son acrobatique chanteur Doctor Nelle Karajic, outrance et glamour et pour la bonne tenue des autres musiciens.
Au final, tous les héros de la semaine présents lors de cette dernière soirée se retrouvent sur scène : la fanfare Ciocarlia, la Compagnie Lubat, Les Mamar Kassey, le No Smoking Orchestra, l'organisation des Nuits Atypiques et tous ceux que la foule et l'obscurité ne permettent pas de distinguer sont venus nous dire au revoir et nous donner rendez-vous l'an prochain.
Benjamin MiNiMuM
L'effet Michel Macias...
...c'est le bal instantané.
Narendra Bataju fait plâner un doux parfum spirituel aux Arcades.