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Nuits Atypiques

Langon / 01-05 août 2001
Le show est méga-humain et le public accède au bonheur. Le concert de Manu Chao est un somptueux cadeau d'anniversaire pour le festival de Langon.




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Luzmila Carpio au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001
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Taraf de Haïdouks au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001
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Fanfare Ciocarlia au festival Les Nuits Atypiques de Langon 2001

4 août 2001


Le Taraf de Haidouks la vitalité à l'état pur. La journée a commencé paisiblement aux Arcades avec le Landais Pascual Gallo. Son flamenco prend ses sources dans la tradition tout en réfléchissant comme un miroir sur notre époque. Etrange sensation !

Ce guitariste d'origine andalouse né en France et qui vit en Aquitaine depuis vingt cinq ans est devenu l'un des guitaristes flamencos les plus prolifiques de sa génération. Il a réussi à se dégager de toutes les influences, qu'il ne renie pas par ailleurs, pour imposer un style personnel. Le public a apprécié tant sa virtuosité technique que la chaleur de sa vivante interprétation. Il était accompagné pour l'occasion de son complice et ami Salvador Paterna qui était, pas plus tard qu'hier, sur cette même scène. Cette mise en bouche flamenca mâtinée de oud nous a ouvert l'appétit et préparé les réjouissances nombreuses qui nous attendaient dans d'autres lieux et sous d'autres cieux de ces 10e Nuits Atypiques.

Nos papilles étaient suffisamment excitées en tous cas pour continuer notre régal sur la scène du village aux côtés de Luzmila Carpio. Le public attend sagement le moment ou la diva inca à la voix de soleil montera sur scène. Des aficionados sont là mais aussi des festivaliers curieux et disponibles. Ce rendez-vous avec la militante de la cause indienne en Bolivie tombe à point nommé, quelques jours après la rencontre d'Attac contre la mondialisation. Luzmila Carpio, indienne et si fière de l'être, fait comprendre la réalité des siens à travers son chant et sa musique. Elle défend avec détermination ses origines quechua et nous ouvre les portes de l'Altiplano Bolivien, là où les peuples andins prient les étoiles. Quand elle imite les oiseaux boliviens le souffle pur des Andes traverse le village.

Si certains pensaient que l'Occitanie n'était qu'une image d'Epinal ils auront vite déchanté en écoutant les textes de Bernard Combi accompagnés de la clarinette de Fred Pouget. Combi est un poète qui se jette comme affamé sur la chair des chants et des textes. Un hommage vibrant à l'occitanie vivante du feu de dieu.

Erick Manana dans un autre registre n'en disait pas moins à propos de son pays Madagascar, de sa langue, de ses souffrances, de ses joies… Cet ancien champion de saut en longueur dans son pays a gardé la rage, la puissance et la précision du sportif de haut niveau dans sa voix. Les mélodies sont de toutes sortes, nostalgiques ou balancées, avec une émotion qui s'amplifie sur scène Sa belle voix puissante, si essentielle à l'équilibre harmonique de Feo-Gasy est un régal.

Manu Dibango est venu avec sa grosse berline, la Soul Makossa Gang, bien lustrée avec des gros pare-chocs. La machine est bien rôdée mais ne surprend guère. Le carburant du crooner africain c'est la tchatche mais ça marche à tous les coups. Le public voulait être diverti, le showman l'a servi. C'est du côté des choristes que nos regards étaient tournés. Rien que pour l'une d'elles, tout droit sortie d'un film blaxploitation, le déplacement en valait la chandelle.

Le must de la journée était, et de loin, la prodigieuse prestation de Taraf de Haïdouks. Depuis sa participation au film Latcho Drom de Toni Gatlif, ce groupe ne cesse d'écumer la scène mondiale. Dans l'après-midi, contre un paquet de Marlboro le vétéran du Taraf de Haidouks s'est prêté à une session de photographies. Et le soir quand il sort son violon pour de bon, la magie opère. La vitalité de la musique tzigane des Balkans a emporté la scène de la mosquée dans un firmament de bonheur. "L'orchestre des bandits du bonheur", traduction littérale de Taraf de Haïdouks sera probablement présent dans l'édition 2002 des Nuits Atypiques dans une version plus dense. Preuve que le bonheur existe bien sur terre.

Leurs frères roumains de la Fanfare Ciocarlia étaient habités par le même enchantement. La fiesta tzigane qu'ils animent depuis jeudi a pris ses quartiers dans la scène du village. Leur générosité et leur joie communicative ont rendu heureux des milliers de festivaliers en quête de bonheur simple. C'est à eux qu'il reviendra de clôturer les 10e Nuits Atypiques de Langon.

Brahim Benamar

 

Interview de Manu Dibango

 

Pascual Gallo
Pascual Gallo à la guitare flamenca
accompagné de Salvador Paterna,
l'arrangeur et le réalisateur de son
album Emma.
Bernard Combi et Fred Pouget
E ieu (et moi), suau (tendrement)
afincava (je caressais)... la transe
occitane de Combi et Pouget à
déguster in vivo.
Luzmilla Carpio
Avec sa voix lumineuse et cristalline, la
diva andine Luzmilla Carpio chante les
joies et les peines de son peuple.

 

 

Les Nuits Atypiques de Langon 2001
Les musiques et les chants issus des
coutumes millénaires des indiens
Quechuas ont tétanisé le village.
Erick Manana
Erick Manana joue de la guitare avec
des doigts magiques et dévastateurs.
Erick Manana
Ses mélodies cinglent. Le salégy, un
rythme sous influence africaine et
brésilienne nous transporte hors du
temps.

 

 

Taraf de Haïdouks
Une fête tzigane à tout casser sur la
scène de la mosquée avec Taraf de
Haïdouks. Géant et toujours
surprenant.
Manu Dibango
Manu Dibango avec son Soul Makossa
Gang. Une machine ronflante et bien
huilée comme une vieille cadillac.


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