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Naguila

Chants séfarades de Pâques
Naguila au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris le 2 avril 2001.




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Naguila 2001


Le concert


Naguila au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Paris) le 2 avril 2001

C'est une ambiance de recueillement qui précède le concert de Naguila à l'auditorium du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. Lorsqu'André Taïeb, Pierre-Luc Bensoussan, Mohamed Zeftari et Kamal Berrada, sobrement vêtus de noir, montent sur scène les bruissements des chuchotis cèdent la place à une écoute attentive qui ne se démentira pas de toute la prestation.

"En introduction Kamal Berrada nous offre une improvisation au oud qui, tout en nous démontrant la maestria de l'instrumentiste, nous plonge au cœur de l'orient liturgique séfarade.

Après un arrêt à peine perceptible Mohamed Zeftari exécute au violon l'introduction de Lakel Acher Shabat, ce piyout (poème liturgique), de mode Bayati, est habituellement chanté pour le shabbat et évoque le rôle de l'homme dans la restauration de l'ordre cosmique. André Taieb le chante avec grâce et dévotion.
Le morceau suivant de mode Mazmûm est également mené par l'excellent violoniste à qui échoie le taqsim (improvisation). On doit ce piyyut de Shabbat à Dounach Ibn Labrat, qui est un grammairien de l'hébreu qui vécut au milieu du Xe siècle entre Bagdad, Cordoue et Fès. Son nom court en acrostiche (une lettre au début de chaque vers) le long du premier et second couplet. Sur Déror Yirqa le shabbat est chanté comme un jour de liberté.
Ysmah Hatani est un court chant de mariage de mode Nihawand, introduit au bendir par Pierre Luc Bensoussan et qui célèbre joyeusement le bonheur des jeunes mariés fêtés par les fidèles.

La musique de Rahamekha (ta miséricorde) est de mode Dhil Ksantin et provient du répertoire Malouf, le texte vient du Mawwal (poème chanté comprenant une introduction improvisé. Ce chant est réservé aux circonstances heureuses.

Hallel (louanges), le mot est la racine du terme allelouya, et le chant de mode Çika, chanté le soir de Pâques dans chaque famille sépharades est tiré du livre des psaumes Téhilim du roi David. Hallel est aussi le titre du dernier album de Naguila.

Suit un instrumental enlevé de mode Shadaraban "Samai Shat'araban" composé par le musicien ottoman du XIXeème siècle Tanburi Cemil Bey. Cette œuvre connue par tous les musiciens du monde arabe est interprétée par Naguila avec grâce et sensibilité.

Le chant suivant, Aséret Ha-Dibbérot est de mode Nawâ est chanté en Judéo arabe, c'est le premier des 10 commandements (Je suis l'Eternel ton dieu) et une rencontre au sommet entre le chant solennel d'André Taïeb et le violon aérien de Mohamed Zeftari.

Après une introduction au riqq dont les figures rythmiques évoqueraient presque ceux du pandeiro brésilien, la percussion soutient un dialogue gracieux entre ney et oud A Naguila succède un solo de ney par un Kamal Berrada tout aussi à l'aise avec la flûte en roseau qu'avec son luth. De mode Çi, Ysméh'ou achamayim vétaguel aretz- Koum Tara est un piyout de Shabbat qui, sur une musique du répertoire populaire maghrébin, mélange paroles en hébreu et en arabe. Le chant est léger et les refrains sont repris en chœur par l'ensemble des musiciens.

Traditionnellement chanté pour accueillir un fidèle s'apprêtant à lire un extrait de la Thora, Yaré'ah Yaquar est un piyut de mode Maya composé au XIX par le Rav (rabbin) Faradji Chowat. La musique démarre par un mawwal de pur style Constantinois, se poursuit sur un air rendu populaire par Cheikh Raymond et se termine par un thème judéo-espagnol que l'on oserait presque qualifier de sensuel.

"Sauve-moi Dieu de l'humiliation de mon ennemi; Ô mon libérateur délivre-moi de la pauvreté, car j'ai cesser de fauter et me suis élevé " De grâce mon rocher, écoute ma voix.."

Ozréni el Haï, qui tient à la fois des modes Zidân et Hijaz, est inspiré par le verset 26 du psaume 109 et se chante dans les synagogue de Constantine lors du Shabbat.

Pour Ki Echmera Shabbat composé au XIème siècle sur le mode Hijaz par Abraham Ibn Ezra, c'est Mohamed Zeftari qui prend le chant lead et il se sert aussi bien de ses cordes vocales que de celles de son violon.

Le concert se clos sur Samaï al Bayati, à cet hymne typique de l'époque ottomane, due à un compositeur anonyme, Naguila à accoler une adaptation instrumentale d'un poème du XVIème siècle de Salomon Halevi Alquabetz que l'on chante le vendredi soir du shabbat. Lekha Dodi compare cette fête à une fiancée et résume bien Naguila. Ces hommes pour qui l'amour spirituel et humain transcende les différences.

Et lorsque la musique s'achève on se sent plus légers, grandis par la pureté entrevue à travers cet harmonieux recueillement.

Benjamin MiNiMuM

 

Interview de Naguila

 

Naguila
La musique stimule la foi et accorde les
cœurs
André Taïeb
André Taïeb
Mohamed Zeftari
Mohamed Zeftari

 

 

Kamal Berrada
Kamal Berrada
Pierre-Luc Bensoussan
Pierre-Luc Bensoussan
Naguila
Naguila réveille un passé harmonieux



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