11 juin 2000
Pour son premier grand festival français, depuis le légendaire "Femmes d'Algérie" de janvier 1999, Hasna El Becharia est arrivée très détendue. A 18h30, accompagnée par ses 3 percussionnistes algériens de Paris, d'une guitare espagnole, de son gumbri rose et de sa légendaire guitare électrique, Hasna se comporte devant le public de la scène Mandingue comme à la maison. Elle est ravie de jouer pour des amis, pour ses amis. D'instinct devant cette artiste extrasensorielle, le public se partage la chaleur des vibrations uniques qui se dégage de la musique gnawa très personnelle d'Hasna. Le soleil brille pour la première fois depuis le début du festival et Hasna n'y est peut être pas pour rien. 20h30, Grand Chapiteau, Chris Combette satisfait les amateurs de syncopes reggae avec son "tour de chant" guyanais et consensuel. Lui succède un artiste attendu et semi-légendaire. Geoffrey Oryema n'a plus à prouver ses talents d'auteur compositeur, il est passé à autre chose, de plus efficace, de plus professionnel, mais peut être aussi d'un petit peu moins naturel. Par contre Régis Gizavo, comme à son habitude, déboule le cœur à l'air. Pour le porter il a du enfiler des bretelles et son cœur à soufflet parle comme son propriétaire chante, sans détour. L' émotion passe sans filtre et réjouit bien plus que les oreilles d'une audience attentive. Pendant ce temps sur la scène compléte-mandingue et gratuite, le Gwo'Ka de Kan'nida fait recette d'approbations. L'ambiance villageoise a complètement débordé de la scène et transperce l'âme de danseurs surpris à cette instant d'être devenus eux-mêmes guadeloupéens. Retour au chapiteau. Régis Gizavo sort de scène, mais pas pour toujours. Lenine une nouvelle fois surprend ceux qui ne s'attende pas à voir débouler au sein du festival une telle leçon de modernisme. Mais il surprend également les afficionados, avec lui chaque concert semble unique car l'humanité du bonhomme prime toujours sur son savoir-faire. La bonne humeur avec laquelle le joyau de Récife chahute les traditions comme les avant-gardes, lui interdit d'oublier de passer et de faire passer le meilleur moment possible à ceux de plus en plus nombreux qui sont prêts à le suivre. Rien d'étonnant à ce que Lenine et Régis Gizavo soient instantanément devenus amis . Le temps d'un " Relampiano ", presque indécent de sensualité et de sentiment, leur deux humanismes fusionnent et c'est avec la plus grande simplicité qu'ils nous offrent le moment le plus rare de la soirée et, jusqu'alors, de la cuvée 2000 de Musiques Métisses.
Benjamin MiNiMuM
Interview Dwayne Dopsie & Zydeco Hellraisers [Louisiane]
Interview Mamma Sissoko [Mali]
Hasna El Becharia [Algérie] Un sourire qui s'adresse aussi aux
oreilles
Régis Gizavo [Madagascar] Comme toujours le coeur de Régis
Gizavo est aussi visible que son
piano à bretelles
Lenine [Brésil] Le joyeux joyau de Récife
Geoffrey Oryema [Ouganda] Le talentueux ougandais s'égare dans
trop de mise en scène
Kan'nida [Guadeloupe] Ils sont venus sans rien omettre de
l'ambiance de leur village
Edition 1999 du festival
Musiques Métisses
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