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KhaledNouvelle jeunesseMartin Meissonnier donne au raï de Khaled l’authenticité d’un son jamais encore capté en studio. Alliant la dynamique du « live » à une science aiguë des équilibres sonores, ce nouveau disque fait fleurir le printemps sur des airs délaissés dans les cailloux du bled. Nouvelle jeunesseMartin Meissonnier donne au raï de Khaled l’authenticité d’un son jamais encore capté en studio. Alliant la dynamique du « live » à une science aiguë des équilibres sonores, ce nouveau disque fait fleurir le printemps sur des airs délaissés dans les cailloux du bled.
// Restauration artistique Hada Raykoum, La Liberté, Yamina : autant de tubes dont il n’y avait jusqu’à présent d’autres témoignages studio que les enregistrements sur ordinateur au début des années 1980, la voix calée entre synthés et boîte à rythme. Le nouvel album de Khaled donne à ces morceaux de bravoure une dimension orchestrale qui les sublime. Sans rien trahir de leur énergie authentiquement raï, Martin Meissonnier, encouragé par disc’AZ, la maison de disque de Khaled, réalise un fabuleux travail de restauration artistique. Yamina démarre sur la rondeur veloutée de violons égyptiens, dont l’opulente section habille neuf titres de l’album, puis se transforme en un raï pêchu à la pureté poignante. La voix de Khaled détache les mots à la manière d’un rap au flow typiquement oranais. Des cuivres viennent ponctuer la montée en puissance de la chanson, laissant s’envoler une trompette latino. « La voix, le violon, le oud, la basse et la batterie ont été enregistrés en une seule prise. C’est une vraie performance de boxeur : j’adore ! », commente Meissonnier. Hada Raykoum bénéficie d’un prodigieux lifting orchestral. Posée sur son accordéon, l’ample voix de Khaled module une introduction parsemée de touches de violon. Puis la chaleur des claquements de mains lance un groove infiniment raï qu’entraîne la mélodie bondissante du oud. La vitesse de croisière atteinte, la voix de Rita Marley sème un gazon reggae sur le refrain. « Khaled avait enregistré une version de cette chanson en Jamaïque, explique Martin. On a récupéré les chœurs sur l’enregistrement de cette session. La Liberté aussi sonne comme jamais, avec ses trois minutes d’intro géniale accordéon/voix et le synthé analogique pur raï. « Quand on a commencé l’enregistrement, Khaled voulait absolument que je lui trouve un Kawai 900 pour reproduire le son d’époque. Je n’ai pas réussi à retrouver exactement le même modèle, mais un équivalent », raconte Martin. Le texte à double sens de ce grand tube évoque la liberté d’un homme qu’une femme garde attaché à elle par un sortilège. « Deux ans de souffrance et après en France », s’exclame le chanteur. Deux ans, soit la durée du service militaire en Algérie… En choisissant Martin Meissonnier pour réaliser son nouvel album, Khaled renoue avec une amitié née à Oran en 1985, l’année où sa cassette Hada Raykoum s’était vendue à trois millions d’exemplaires. « À l’époque, Khaled chantait dans les mariages toute la nuit, se souvient Martin. Il commençait pour les hommes et, à partir de trois heures du matin, changeait de répertoire et chantait pour les femmes. Il était assis en tailleur et s’accompagnait sur deux synthétiseurs : un Kawai 900 qui produisait un son genre cornemuse et un Crumar pour faire des nappes. Avec lui, un violon, une basse, une derbouka, un tar et une guitare. Des tentes étaient dressées sur les toits en terrasse et j’ai assisté à une joute vocale démentielle entre Khaled et Sahraoui, qui comptaient alors parmi les plus belles voix d’Oran. » Ce voyage au pays du raï avait pour but de constituer l’affiche du fameux festival raï de Bobigny, l’événement qui a lancé le genre oranais sur la scène française le 23 janvier 1986. Khaled, déjà une légende mais sans passeport, attire 4000 personnes alors que la salle ne peut en contenir que la moitié. Deux ans plus tard, Meissonnier retrouve Khaled quand Safy Boutella lui demande de l’aider à réaliser Kutché, l’album qui va révéler le Cheb au grand public hexagonal. Vingt ans après, ils se retrouvent pour revaloriser l’essence musicale du raï. Martin : « J’étais d’accord pour un disque réalisé dans les conditions du live. Je ne voulais pas de “clic”, pas de métronome ou de boîte à rythme. J’ai toujours trouvé les concerts de Khaled meilleurs que ses enregistrements, parce qu’avec sa voix, il tire l’orchestre de façon incroyable. Donc, l’idée était d’enregistrer Khaled avec les huit musiciens de son groupe de base. La plupart sont ceux qui l’accompagnent habituellement sur scène, comme Kouider Berkane, le violoniste, qui joue avec lui depuis plus de trente ans. Le bassiste, Maurice Zemmour, qui est aussi son chef d’orchestre depuis dix-neuf ans, n’avait jamais enregistré de disque avec Khaled". // Retour aux sources Cet album réserve aux amateurs de purs moments de raï, comme Sidi Rabbi, une invite à la danse dans le meilleur style à l’ancienne. Le chanteur y demande pardon à Dieu pour toutes les bêtises qu’il a pu faire, dans un esprit presque soufi. Comme sur Ya-Rayi, son disque précédent, Khaled reprend deux morceaux de Blaoui Houari : Zabana, raï plein d’émotion, commence lentement, puis s’échappe dans une ambiance jazzy sur la mélodie alerte du piano. Le texte évoque le premier condamné à mort oranais du temps de la colonisation française. Dans sa cellule, l’homme revoit sa vie passée avant de marcher vers l’échafaud. La nostalgie s’installe aussi par empreintes fugitives dans Baba, seule chanson en français, dédiée à la mémoire de son père. Ou encore dans Sorli, joli thème sur l’enfance, qui se développe en douceur, caressé au reflux du refrain par le souffle des cordes, avant de s’élever toujours plus haut. « On a opté pour un album qui retourne aux racines oranaise et marocaine », explique Martin. Le style berbère à la Nass El Ghiwane, principale inspiration de Noujoum El Khams (Les Cinq Étoiles), premier groupe du Cheb âgé de douze-treize ans, illumine l’un des titres. Plus original encore : il s’essaye avec succès sur un air gnawa, chantant la longue intro voix et gumbri avec la conviction d’un maâlem. Une guitare pop fait démarrer l’orchestre – « Un clin d’œil à Led Zeppelin », explique Martin avec malice – pour fomenter une superbe ambiance en montée progressive, jusqu’à la transe finale. François Bensignor
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// REACTIONSPseudo * Votre réaction (2000 caractères maximum) * Code de sécurité bilal 22/04/2009 13:02 chapeau khaled et pour toute l'équipe qui a travaillé avec toi un album super au sens propre! moustapha73000 06/12/2009 00:00 De toute façon, mon rêve c'est de voir Khaled en concert et malheureusement je n'ai toujours pas eu cette chance là... >> En discuter sur le forum >> |
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