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Fiesta des Suds

Marseille / 13-31 octobre 2001
Il est midi aux Docks des Suds et l'équipe de la Fiesta s'attelle aux préparatifs de la soirée. Cette année, ils fêtent les dix ans de cet événement devenu une institution culturelle et l'on ressent une excitation particulière.





19-20 juillet 2001


Programmer un festival aux couleurs estivales à la fin du mois d'octobre n'aurait pas de sens ailleurs qu'à Marseille mais la capitale occitane a signé un pacte avec le soleil. La douce chaleur caressant les terrasses des cafés du vieux port ce vendredi 19 octobre, nous invite à nous mettre au rythme local.
Il est midi aux Docks des Suds et l'équipe de la Fiesta s'attelle aux préparatifs de la soirée. Cette année, ils fêtent les dix ans de cet événement devenu une institution culturelle et l'on ressent une excitation particulière.
Ville orientale par excellence, terre d'exile de tant d'artistes nostalgiques des ambiances et des parfums de leur pays bien-aimé, cette nuit, Marseille rend hommage aux sons venus de l'autre rive de la Méditerranée. Avec une telle programmation, le festival attend du monde. Dans cette perspective, un écran géant, érigé dans l'un des passages, assure une prise de vue, au moins virtuelle, des concerts pour ceux qui n'ont pas le courage de se frotter à la foule.
Dehors, les fans, habituellement bien renseignés, guettent leurs idoles, présents le temps des balances mais qui se réfugient vite à l'hôtel avant de monter sur scène. Seule une poignée de jeunes du centre Léo Lagrange a la possibilité de rôder dans les coulisses durant l'après-midi. Pour les autres, il faudra attendre 19 heures que les portes s'ouvrent.
Mais avant que les festivités ne démarrent, un débat est organisé autour de la situation en Algérie avec la participation, entre autres, du leader du Front des Forces Socialistes Hocine Aït-Ahmed, de la journaliste et lauréate du Prix Zakaroff Salima Jezhali et du représentant de l'Action Jeunesse Karim Baloul. Les opinions circulent et la température monte, mais toujours dans la joie et la bonne humeur.
Dans le contexte international actuel, le symbolisme du premier groupe est évident. Groove alla Turca, ou la rencontre entre l'Orient classique de Burhan Oçal et le funk nord américain de Jamaaladeen Tacuma, remplit les Docks d'une fusion expérimentale de forte puissance. Les rythmiques du maître de percussions orientales et de l'ancien bassiste d'Ornette Coleman se retrouvent dans un véritable échange mélodique étonnant et entraînant.
Convenablement échauffée, la salle est au comble et attend le prochain concert avec impatience. Il s'agit de Cheb Mami, l'une des stars du raï. Les drapeaux algériens sortent et la foule est en extase. Rien à dire, c'est un grand professionnel et l'on se dit qu'il ne devrait pas avoir de mal à remplir Bercy à la fin de l'année.
On reste en Algérie avec Cheb Hamid, le rossignol du raï flamenco, originaire d'Oran et marseillais d'adoption depuis quelques années,. Avec sa guitare sèche et ses intonations andalouses, l'Orient retrouve son histoire ibérique en toute finesse.
Pour clôturer la soirée, place à la jeune génération algérienne, ici dignement représentée par MBS ou le Micro Brise le Silence. Installé en France depuis deux ans, ce groupe de rap algérois se sert du genre issu des ghettos nord américains pour véhiculer un message de "ras-le-bol" et de rage. Toutefois, leur musique reste culturellement spécifique, tant dans la forme du rap que dans son instrumentation. Au point où certaines personnes dans le public s'étonnent de voir danser une européenne qui à priori ne comprend rien à ce qu'ils racontent!
La douce nuit se termine de façon coutumière. Une fois les concerts achevés, les nombreux bars proposant une grande variété de remontants, de la sangria au pastis, se sont joyeusement remplis, chacun avec son sound system à fond les gamelles. Que viva la Fiesta!
Le réveil du samedi 20 octobre s'est fait sous un ciel en colère, le mistral ayant ramené l'orage pendant la nuit. Unique consolation, le temps ne se défoule jamais très longtemps dans le sud.
Malgré les intempéries, les Docks vont baigner sous un soleil afro-caribéen pour une folle nuit aux rythmes de la salsa. A l'heure des balances les cloches et les congas résonnent tandis que les costumes pailletés des danseurs font briller les loges.
Mais avant le départ pour les îles des Caraïbes, on reste en Europe avec un premier spectacle. venu d'Espagne. Vanguardia en la Danza est un tout nouveau projet né de la rencontre de Andres Marin, étoile du flamenco de Séville, et Miguel Angel Berna, danseur folklorico-contemporain de Zaragoza. Les danses traditionnelles d'Andalousie et d'Aragon (jusqu'alors très peu connue) interprétées avec talent, reflètent aussi une innovation et une esthétique carrément rock'n'roll qui enchante le public marseillais. Une magnifique découverte pour cette édition de la Fiesta.
Après cette fusion du traditionnel et de l'avant-garde, on passe à une autre rencontre, celle de l'Afrique et de l'Afro-cubain. Africando, le projet du producteur sénégalais Ibrahim Sylla et de l'arrangeur malien Boncana Maïga, qui retrace le chemin des esclaves dans un sens opposé. C'est le retour des rythmes afro-cubains, d'où vient la salsa popularisée par les portoricains de New York, à ses racines africaines. Et malgré la disparition de plusieurs membres fondateurs tels Pape Seck, le front line compte toujours parmi ses rangs certaines des plus belles voix d'Afrique. Le plaisir évident du groupe à se trouver sur la scène de la Fiesta se propage vite aux aficionados, dont beaucoup sont clairement des salseros avertis aux pas confiants.
Heureusement d'ailleurs, puisque le group suivant, Ruben Paz y la Bomba Cubana, n'en demande pas moins à son public. Une formation de jeunes cubains, fondée à Marseille, qui propose un show débordant d'énergie et de swing. Malgré un certain manque d'originalité dans leur jeu de scène, directement inspiré de Los Van Van, Charanga Habanera et autres stars de la timba, Ruben Paz et ses acolytes ont tout de même mis le feu à la Fiesta avec leur bombe façon cubaine.
L'animation de la nuit se poursuit au son des DJ's marseillais qui nous servent un cocktail pétillant de salsa, merengue, flamenco et raï. Tous les ingrédients d'une belle fête sont réunis pour clôturer ce deuxième week-end de la Fiesta des Suds 2001.

Marushka

 

Interview de MBS

Interview de Cheb Mami

Interview de Cheb Hamid

Interview de MBS

Interview de Africando

Interview de Vanguardia en la danza

Interview de Ruben Paz y la Bomba Cubana

 

Groove alla Turca
Oriental Funk avec Groove alla
Turca

Cheb Mami
Cheb Mami - une voix d'ange et
la fierté de l'Algérie.

Cheb Hamid
Cheb Hamid, le rossignol du raï
flamenco.

MBS
Le rap algérois de MBS,
l'expression de la jeunesse
algérienne.

Africando
Quand l'Andalousie rencontre
l'Aragon, ça donne Vanguardia
en Danza.

Vanguardia en Danza
Une belle retrouvaille entre les
rythmes afro-cubains et l'Afrique
- Africando.
 

Fiesta des Suds 2001
Plein de chaleur caribéenne avec
la conga cubana.
 

Ruben Paz y la Bomba Cubana
La Bomba Cubana de Ruben Paz
met le feu avec sa timba.

 




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Cheb Mami à la Fiesta des Suds 2001
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Ruben Paz y la Bomba Cubana au festival Fiesta des Suds 2001
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Cheb Hamid au festival Fiesta des Suds 2001
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Africando au festival Fiesta des Suds 2001



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