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Fiesta des Suds

Marseille / 19-31 octobre 2000
A deux pas des docks industriels, on fête la culture méditerranéenne depuis déjà huit ans. Des concerts et des soirées, mais aussi des expositions, de la danse et, l'art du bon vivre oblige, nombreux bars et lieux de ravitaillement culinaire.




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Watcha Clan au festival Fiesta des Suds 2000
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Raspigaous au festival Fiesta des Suds 2000
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Kanjar'oc au festival Fiesta des Suds 2000


27 octobre 2000


Vendredi 27 octobre

Intitulée " Vague du Sud ", la soirée du 27 octobre était consacrée à la nouvelle scène ragga-rock-ska-latino-alternative qui fleurit dans le sud de la France, plus particulièrement à Marseille. Bons princes, les phocéens avaient laissé une place à leurs cousins toulousains (Toulouse, " l'ôtre " métropole culturelle du sud de la France), tous unis par la défense des même idées. La preuve, chaque groupe y est allé de sa chanson contre le Front National et de celle sur la légalisation de l'Herbe (pris comme l'un des symboles de la culture alternative et de la Liberté).

Placée sous le signe de la citoyenneté et de la résistance aux bactéries de la peste brune, la soirée était organisée en collaboration avec le sous-marin de Vitrolles, collectif anti-faciste extrêmement actif et dynamique.

Reggae roots et paroles engagées, les marseillais -oh combien marseillais- de Raspigaous ouvraient le bal. Leur chanteur a une vraie présence scénique, les textes sont bien balancés, les musiciens -14 !- trouvent chacun leur place (avec une mention spéciale pour Erwan, le violoncelliste virtuose qui nous a offert de superbes passages)… Raspigaous a laissé une salle chauffée à blanc à ses successeurs.

Watcha Clan, autre groupe marseillais, prenait la suite. Leur chanteuse, Karine, a autrefois poussé la note au sein des Raoul Petite et de Barrio Chino. Serait-ce la chaleur un peu étouffante ? Leur prestation passe moins que celle de leur prédécesseurs. La voix de Karine paraît parfois trop travaillé, les mises en place manquent de précision, mais l'énergie générale est sympathique. Après un concert tout à fait honorable, ils filent vite vers d'autres aventures : Cavaillon (ville située à quelques dizaines de kilomètres) les attend pour leur deuxième scène de la soirée.

Arrivent alors Spook and the Guay, les invités du jour. Invités car ils viennent de Toulouse, mais la parenté avec les groupes marseillais est évidente. Outre leur provenance géographique, ils sont ce soir-là auréolés d'une certaine gloire. La veille, ils ont signé un contrat avec Virgin (qui explique que malheureusement, nous n'avons pas eu l'accord de leur manager pour diffuser un extrait sonore de leur concert) et qui leur fait mettre un orteil dans la cour des grands. Depuis plus de 10 ans, ils sillonnent les scènes françaises et ont forgé leur style à la force du poignet. Au fil des années, ils ont gagné un public fidèle et de plus en plus nombreux. Ils chantent principalement en anglais et n'omettent aucune des attitudes propre à leur style (plutôt hip hop).

Mais la majorité du public attendait avec impatience les Kanjar'oc, clou de la soirée. Le groupe est l'un des fers de lance de la dynamique scène phocéenne et cela faisait plus d'un an que les Kanjar'oc ne s'étaient pas produit à Marseille. Ils arrivaient donc face à un public conquis d'avance, prêt à réagir au quart de tour. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Les Kanjar'oc ont joué pendant près de 2 heures (si ce n'est plus), se donnant à fond pour des spectateurs passionnés et réactifs. Des conditions de rêve. Dès le début de leur concert, les chaises ont été prestement évacuées en un drôle de ballet, dansant littéralement au-dessus des têtes pour s'entasser à l'extérieur de la salle. Sur scène, les Kanjar'oc étaient déchaînés : les cuivres bondissaient torses nus en jouant et lors de la reprise de la chanson " Ramon Perez " des Vrp, le guitariste s'est jeté dans la foule, continuant à jouer porté de bras en bras, voguant au gré des aléas telle une balle rebondissant au dessus des danseurs hilares. Incroyable.

Fortement ancré dans la vie locale, le groupe a fait un dédicace -ovationnée- au leader du MTP (Marseille Trop Puissant) le club des supporters de l'Om du quartier de la Plaine, leader récemment décédé qui faisait passer des mots d'ordre emplis de tolérance et d'humour à ses troupes. Plus qu'une anecdote plaisante, ce moment a été très symptomatique de ce qui se passe musicalement là-bas. Cette scène marseillaise est un curieux mélange d'alternatif et de chauvinisme, d'ouverture sur le monde et d'attachement à un terroir; une mayonnaise métissée où prédomine l'ail.

Magali Bergès

 

Interview de Raspigaous

Interview de Watcha Clan

Interview de Spook and the Guay

Interview de Kanjar'oc

 

Raspigaous
Il y a du violoncelle dans le dynamique
ragga occitan de Raspigaous
Watchaclan
Le concert de Watchaclan démarre
sur du ska pour se terminer sur de
la transe multiculturelle!
Spook and the Guay
Spook and the Guay deux chanteurs
portés par des rythmiques imparables

 

Kanjar'oc
Sur une reprise des VRP le guitariste
de Kanjar'oc surfe sur la foule de la
fiesta
Hakim Hamadouche
A mi parcours le groupe de Port de
Bouc et rejoint par Hakim Hamadouche
pour un reggae orientale inoubliable



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