Marseille / 19-31 octobre 2000
A deux pas des docks industriels, on fête la culture méditerranéenne depuis déjà huit ans. Des concerts et des soirées, mais aussi des expositions, de la danse et, l'art du bon vivre oblige, nombreux bars et lieux de ravitaillement culinaire.
Kill Point en freestyle au festival Fiesta des Suds 2000
20 octobre 2000
Vendredi 20 octobre
Après une journée chargée de balances et d'interviews d'artistes, La Fiesta des Suds rouvre ses portes à 20 heures pour la grande soirée "Africa Live". Pas moins de six groupes programmés sur la scène principale plus les animations du Cabaret Bleu, la nuit s'annonce longue et colorée.
Les premiers à se présenter devant une salle déjà bien animée sont les membres du groupe Wock. Le projet de Dimitri Reverchon est de fusionner la pop rock anglosaxone, la langue wolof et les instruments traditionnels sénégalais. Ce rouquin aux origines russes, habitant de la République indépendante de Figuerolles à la Ciotat et de St Louis au Sénégal réalise son rêve depuis 1996 avec ces acolytes, dont le jeune chanteur issu d'une famille de griots, Pape Abdou Seck. Si le son penche souvent trop du côté d'une world à la Peter Gabriel pour certains, le groupe ne manque pas d'énergie, porté par la voix sûre et forte du jeune chanteur.
Wock laisse une salle bien chauffée aux rappeurs de Kill Point, venu de Guinée pour la Fiesta. Les trois rappeurs et les deux danseurs mettent littéralement le feu avec un spectacle de hip hop qui n'a rien à envier à la scène française ou américaine. Aux tchatches multilingues sur des beats afro-rap, Kill Point représente la jeune génération d'artistes africains et s'inscrit dans une réalité hip hop mondial.
Place à un groupe et un son qui ont déjà fait leurs preuves depuis bien des années. Kassav, le groupe antillais responsable de la création du zouk aux débuts des années 80 et qui continue de remplir des stades prend la scène de la Fiesta en assaut. Patrick Saint-Eloi, Jacob Desvarieux et Jocelyne Beroard, pour n'en citer que certains, reviennent avec un nouvel album et ont clairement beaucoup de plaisir à se retrouver sur la scène. Le public marseillais aussi. Les 35 minutes prévues pour chaque groupe largement dépassées, Kassav laisse la Fiesta en état de choc thermique.
L'heure est à la scène française du reggae et le groupe Black Papa. Histoire de donner la parole à une diaspora africaine à la fois caribéenne et européenne, et aussi un moment pour permettre à la salle de reprendre son souffle.
Le moment que tout le monde attendait, en particulier les Congolais présents en nombre. Le roi des sapeurs, Papa Wemba en tête d'affiche. Homme de spectacle par excellence, il sort habillé en clown ! Jeu d'ironie vite compris par ses disciples. Sa prestation a capella d'ouverture rappelle aussitôt à ceux qui n'avaient pas compris la blague toute la grandeur de celui qu'on appelle "le rossignol" avant qu'il se lance dans une demi-heure riche de soukouss et rumba avec son groupe Viva La Musica.
Ce qui aurait été une fin parfaite pour la soirée. Petit erreur de programmation de rajouter le jeune Gino Sitson en dernier. Malgré une belle prestation par le chanteur camerounais, la plupart des spectateurs morts de soif se retrouvaient déjà accoudés aux bars pendant qu'il clôturait ce vendredi soir de la Fiesta des Suds.