11 mars - 16 avril 1999
Ce festival parisien organisé par la "Maison des Cultures du Monde" est sans doute un des festivals les plus important au regard de la mise en valeur des traditions des cultures du monde non occidentalisées.
La scène de la maison des cultures du monde en résonne encore. Quand les deux musiciens turcs Ishan Özgen et Özer Özel ont fait parler leurs instruments à cordes, une heure et demie durant, non-stop, la salle s'est parée d'une atmosphère veloutée et harmonieuse. L'hommage était rendu aux cordes ottomanes, plus précisément au Tanbur, luth à manche long, symbole musical de l'Empire ottoman, que l'on joue uniquement dans la région d'Istambul. Il est joué avec un plectre en écaille (l'ancêtre du médiator ) ou un archet. De cet instrument, se dégage une sonorité claire et limpide sous les doigts agiles d'Özer Özel, appartenant à la jeune génération de musiciens ottomans. Ishan Özgen, qui incarne l'école traditionnelle, se mêle aux envolées du Tanbur en le mélangeant avec les timbres du ud, luth très répandu dans le bassin méditerranéen, ou encore une vièle nommée Kemençe et le rebab, dont il est le dernier maître. La base mélodique est classique. Elle est directement inspirée des tekke (assemblées soufies d'Istambul),en laissant une forte place à l'improvisation. Les résonances des instruments sont ainsi utilisées en profondeur. Plus qu'une performance d'interprètes d'instruments à corde, le concert a constamment instauré un dialogue entre les différentes sonorités. Harmonieux, fusionnel parfois, ce répertoire musical a permis de découvrir à quel point la variété des instruments à cordes est riche en diversité du côté des rives du Bosphore.